Stage à Lille 2009

Lundi 18 mai 2009
Dernier lexique franco-québécois! Cette fois j'ai décidé de présenter la chose différemment, en donnant un contexte aux expressions. Bonne rigolade!

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Sherbrooke, 8h00 du matin.

Herméningilde est dans la voiture et attend Gervaise pour aller à Montréal.

On note que les personnages ont tous deux des noms plutôt québécois!

Comme elle n'en finit plus de se pomponner, il lui dit, pour qu'elle se presse un peu :

Allez, moi je m'en vais.

Allez, moi je me casse.

ou encore

Allez, moi je me tire.

Et là tu as envie de dire : mais non, pas besoin de te tirer une balle dans la tête pour ça, ça vaut pas la peine!!!!!

On remarque aussi que les deux expressions suggèrent une certaine mutilation du corps (casser, tirer)... les Français seraient-ils masochistes? :P

Gervaise, outrée, termine quand même de se maquiller (en vitesse!) et saute dans

le char.

la voiture.

Un peu plus tard, Herméningilde demande à Gisèle :

Pourrais-tu s'te-plaît spotter Montréal sur la carte pis me dire comment on s'y rend?

Pourrais-tu s'il-te-plaît trouver Montréal sur la carte et me dire comment s'y rendre?

Spotter signifie "trouver un truc en particulier à travers une multitude d'autres trucs". C'est un anglicisme provenant du verbe anglais "to spot", soit "repérer" en français.

Gisèle s'exécute. Malgré tout, le couple n'arrive à Montréal qu'en soirée : le sens de l'orientation exceptionnel de Gisèle a à nouveau frappé.

Une fois

à l'épicerie

au supermarché

(oui, Herméningilde et Gervaise vont faire leurs courses à Montréal alors qu'ils habitent à Sherbrooke, à 160 km, il ne faut pas poser de questions), Gervaise voit une de leurs amies au loin. Elle dit à son mari :

Heille checke, c'est Jacynthe!

Regarde, c'est Jacynthe!

Herméningilde en doute, alors il dit à Gervaise :

Attends un peu. Es-tu sûr? M'a checker si c'est vraiment elle.

Attends un peu. Es-tu sûr? Je vais vérifier si c'est vraiment elle.

Checker est aussi un anglicisme (décidement!) provenant du verbe anglais "to check", soit "vérifier" en français.

Lorsqu'il s'approche d'elle, Jacynthe le reconnait tout de suite et lui saute dans les bras (Gervaise les regarde, perplexe). Après quelques minutes de discussion enflammée (Gervaise commence à se poser des questions), Jacynthe leur dit :

Je fais un pot d'anniversaire jeudi, vous venez?

Il n'y a à ma connaissance pas d'équivalent au Québec. Un pot est une petite réunion/fête où l'on boit, d'où le terme de pot. La particularité est que c'est le fêté ou la personne principalement concernée par le pot qui amène la nourriture et la boisson, et qui sert ensuite les invités. Un peu comme si on organisait sa propre fête d'anniversaire!

Et elle ajoute :

Si vous refusez, vous êtes vraiment plates!

Si vous refusez, vous êtes vachement pas amusants!

ou encore

Si vous refusez, vous êtes vachement pas tops!

Herméningilde et Gervaise acceptent, malgré les soudaines réticences de Gervaise, et disent au revoir à leur amie. (Ils se demandent aussi pourquoi celle-ci utilise tout à coup des expressions françaises.)

Entre ses dents, Gervaise murmure :

Quelle idiote!

Non mais quelle babache!
"Babache" est Ch'timi, un dialecte du nord de la France.

Herméningilde, qui a tout entendu, lui rétorque :

M'excuse, mais Jacynthe a l'avait des 99 et 100% dans tous ses cours à l'école, alors est loin d'être stupide.

Je m'excuse, mais Jacynthe avait des 19 et 20 sur 20 dans tous ses cours à l'école, alors elle est loin d'être stupide.

En France, le concept de note en pourcentage n'existe pas. Il s'agit le plus souvent de notes sur 20 ou sur 10, et non sur 100.

Gervaise, la larme à l'oeil, lui lance alors : "C'est ça, dit qu'elle est plus intelligente que moi! Moi aussi je sais que 1 et 1 font 11!".

Herméningilde, qui n'en croit pas ses oreilles, lui répond :

Hum... ma chérie, tu dois être un peu rouillée, parce que 1 et 1, ça fait 2, pas 11...

Merde, c'est que ça fait longtemps que tu n'as pas fait de calculs mathématiques, car 1 et 1 ne font pas 11, mais bien 2...

"Être rouillé" signifie que cela fait longtemps que nous n'avons pas exécuté une tâche, et que, par conséquent, nous avons du mal à nous souvenir comment faire ou encore à bien le faire.

Honteuse, Gervaise tente de se reprendre en disant :

C'est plate... j'étais pourtant si bonne en mathématiques à l'époque!

C'est dommage.. j'étais pourtant si bonne en mathématiques à l'époque!

Et, rouge comme une tomate, elle se dirige vers un kiosque de vente pour changer de sujet. Le vendeur lui crie :

Madame! Ici, en primeur, voici les tout nouveaux gâteaux Sugar and Cream!

Madame! Voici, avant leur sortie dans les autres supermarchés, les tout nouveaux gâteaux Sugar and Cream!

Gervaise, des étoiles dans les yeux (parce que les gâteaux sont roses, et qu'elle adore le rose), regarde son mari et lui dit tout de suite :

Wow! Y'ont l'air écoeurants! On en prend!?

Sensas! Ils ont l'air super! Allez, on en prend!?

"Écoeurant" en France est plutôt utilisé dans le premier sens du mot, c'est-à-dire "dégoûtant", alors qu'au Québec il peut parfois, selon le contexte, signifier totalement le contraire.

Herméningilde refuse, sous prétexte que le rose-bonbon des gâteaux suggère fortement l'utilisation de produits chimiques dangereux lors de la confection de ces-derniers. Gervaise, boudeuse, chiale :

"Chialer" signifie "pleurer" en France et "se plaindre" au Québec.
T'es dont ben plate!

Tu es chiant, tu me saoules vachement.

Pour se faire pardonner, Herméningilde lui offre d'acheter du

sirop de maïs

Je n'ai jamais réussi à trouver du sirop de maïs en France, personne ne savait de quoi il s'agissait. En fait, c'est un sirop essentiellement composé de glucose extrait d'amidon de maïs souvent utilisé dans la confection de desserts et de confiseries.

afin de concocter un dessert de son choix. Gervaise accepte, mais quitte le kiosque en fixant les gâteaux roses, la boule à la gorge (c'était vraiment TRÈS important pour elle).

Les courses terminées, le couple retourne à Sherbrooke. Sur l'autoroute, une

brève période de grêle violente qui tombe sans avertir

giboulée de mars

les surprend, mais ils arrivent tout de même chez eux sains et saufs. Néanmoins, à cause de la température, Herméningilde attrape

une bonne grippe d'homme.

la crève.

Gervaise s'occupe donc de lui en lui servant un bon bouillon de poulet. Réconciliation. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Et cessèrent d'aller à Montréal pour faire leurs courses.

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Vous pouvez également lire les billets lexicaux précédents :
- Première partie : On ne dit pas... on dit...
- Deuxième partie : Non mais vraiment, on ne dit pas... on dit...
- Troixième partie : Coudonc, vous êtes durs de comprenure, on ne dit pas... on dit...

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Vendredi 15 mai 2009
Vendredi, dans la même journée, j'ai mangé du pain français et je me suis régalé d'une poutine (miam!!!!)­. C'est que je quittais l'Europe pour retourner au Québec. Et je dois dire que ça me fait encore, cette semaine, un peu étrange d'entendre parler québécois partout autour de moi, je distingue des expressions purement québécoises que je n'aurais jamais discernées avant dans les conversations autour de moi. Ça, les montagnes et les grosses voitures...

Suis-je content d'être de retour (question gagnant le prix de popularité haut la main depuis vendredi)? Dur à dire. Je me rends compte que j'aime bien ce petit coin de pays finalement, même si ça n'a rien à voir avec Lille. Rien à voir. Je suis content, aussi, de revoir ma famille et mes amis, ça c'est clair. Mais plusieurs choses me manquent, à commencer par les pâtisseries (vous êtes surpris je suis sûr), puis le métro, la Grand' Place, l'accent (oui, même l'accent!), les gens là-bas... Il me faudra un temps pour redevenir québécois à part entière, et je me demande si je l'aurai ce temps, comme je repars en Angleterre le 3 juillet...

M'enfin, pour l'instant, ça va, le décalage horaire ne m'a pas trop affecté, sauf pour une légère fatigue en après-midi (normal c'est la nuit), et un réveil vers 6h00 du matin (normal il est déjà midi). C'est une trace de là-bas qui persiste et que je ne rechigne pas à avoir...

Pour finir, voici quelques photos de nos derniers jours à Paris où nous avons visité le château de Vincennes et pénétré dans les catacombes de Paris :







 

En photos

Pour voir une photo en plus grand format, cliquer dessus.

(1) Paris, Paris, Paris!
(2) L'entrée du château de Vincennes.
(3) Le donjon du château de Vincennes.
(4) Vue du donjon du château de Vincennes.
(5) La cour du château de Vincennes.
(6) Dans les catacombes de Paris... de vrais os empilés. On discerne même un motif et un certain sens artistique dans la disposition de ces os...
(7) Mouhaha, avez-vous peur?
(8) La mort nous attend dans les catacombes de Paris!

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Jeudi 14 mai 2009


Dans l'avion, au dessus des Alpes dont on peut voir les pics enneigés, nous sommes impatients d'enfin poser pied à Venise. Le voyage est planifié depuis déjà quelques mois, c'est l'aboutissement de notre séjour en Europe. J'ai quitté Lille avec une boule à la gorge, mais au moins l'air salé de Venise est là pour m'accueillir. Nous arrivons tard le soir, exténués, mais nous apprécions tout de même le vaporetto - bateaux de Venise qui font office de système d'autobus et qu'on nomme vaporetto par habitude, puisqu'ils fonctionnaient autrefois à la vapeur - qui nous amène à notre auberge de jeunesse. Et l'air marin, froid mais réconfortant, qui glisse sur nos vêtements et sur notre peau et qui se fait déjà une place dans nos souvenirs.

Le lendemain matin, une vue splendide, presque irréaliste, nous attend devant l'auberge. C'est l'immense canal séparant l'île de Giudecca et le quartier Saint-Marc qui nous dévoile sa beauté, avec tout l'éclat et la grandeur que je lui connais maintenant. Nous ne pouvions nous attendre à cela le soir précédent, nous sommes émerveillés. Après un petit-déjeuner sommaire de pain et de... pain, nous fonçons à vive allure à travers ce spectacle vivant de lumière et de couleurs pour nous rendre, par vaporetto, bien sûr, à la place Saint-Marc, tout près.

Je pense à Venise et à Marc, deux amis, quand je découvre cette plazza faisant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est que l'ironie est à son paroxysme quand on y pense : Marc qui est le mari de Venise, la femme, et Saint-Marc le patron de Venise, la ville. La Basilique et le Palais des Doges nous surplombent, mais nous décidons d'admirer les détails de leur architecture le lendemain devant la longueur des files pour s'y introduire. Le musée Correr nous tente davantage, pour ses peintures et ses salles sur l'histoire de la ville, et nous arrivons même à prendre une photo magnifique de la place par la fenêtre du musée - c'est pourtant interdit!

En sortant du musée, nous nous dirigeons vers l'Arsenal, le chantier naval qui a vu naître l'empire vénitien, puis nous nous promenons un peu à travers les ruelles et les canaux. On comprend rapidement la réputation de labyrinthe de Venise, avec ses culs de sacs et l'impossibilité de traverser les canaux sauf à l'aide de ponts qui ne sont pas si fréquents qu'on pourrait s'y attendre. Notre but est de rejoindre la Ca'Macana, une maison-boutique de masques vénitiens que Sabrina a trouvée sur le net. Il faut dire que les masques à Venise, c'est quelque chose, une véritable tradition : comme j'aurais aimé voir le carnaval de Venise avec tous ses gens costumés! On finit par trouver l'endroit, puis, après quelques promenades supplémentaires et un souper de pizza et de pâtes - évidemment! - , nous retournons à l'auberge pour ne retrouver la place Saint-Marc que de nuit, illuminée, mais pas autant que la Grand' Place de Lille...

Pour pouvoir se promener à travers les étales des marchés de Venise près du Pont du Rialto, nous nous levons tôt le matin suivant. Le trajet en bateau est plutôt long vers Rialto, mais nous aimons nous faire bercer par les flots. Malheureusement, peu de kiosques sont ouverts au marché et seuls des fruits et légumes sont offerts. Nous sommes déçus, mais tout de même content d'avoir visité ce quartier et vu le pont le plus connu de Venise. Le reste de notre avant-midi se passe dans le ghetto juif. Nous nous informons aussi pour le prix d'une promenade en gondole, mais ce dernier nous fait peur : 80 euros. On repassera.

C'est en après-midi que nous retournons à la place Saint-Marc pour visiter la basilique et le Palais des Doges. Ce dernier nous impressionne grandement, tant par son architecture qui en impose que par son histoire en tant que résidence des doges, les dirigeants de la feu république de Venise. L'or, le bois brillant, les plafonds peints et la pierre me rappellent un peu le château de Versailles, mais en encore plus émerveillant et diversifié. En même temps, les toits du palais nous protègent des quelques minutes de pluie seulement qui ont fait partie de notre voyage sans que nous ne nous en rendions vraiment compte. Lorsque nous sortons des voûtes et des arcs du palais, le beau temps revient rapidement et nous permet de faire une dernière promenade sur les rives de Venise, avant le souper puis le retour.

Même si je ne suis pas trop "souvenir matériel", je me suis quand même acheté un masque qui m'obsédait depuis la première journée. Il était trop beau et intrinsèquement lié à l'endroit pour que je le laisse là-bas. Je ne regrette pas du tout d'avoir choisi Venise comme destination finale de notre séjour en Europe. Un autre monde que cette ville sur l'eau.


Encore des photos





En photos

Pour voir une photo en plus grand format, cliquer dessus.

Dans le texte
(1) Vue de Venise depuis le pont du Rialto.
(2) Venise vue de ma chambre.
(3) Place Saint-Marc.
(4) Les canaux, ruelles et gondoles de Venise.
(5) Oh sole mio!
(6) Le Palais des Doges.

Section "Encore des photos"
(1) Venise, tout simplement.
(2) Venise et ses campaniles (clochers).
(3) Tout près de notre auberge.
(4) Les masques vénitiens.
(5) Rive côté place Saint-Marc du canal séparant l'île de Giudecca et le quartier Saint-Marc.
(6) Typiquement italien!

En video




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Jeudi 30 avril 2009
Quand?
Ce soir, minuit, heure de Paris, un drame se produira.

Quoi?
La perte de ma connexion internet.

Raison?
Et bah... je quitte Lille samedi pour me rendre à Venise, puis Paris, puis... revenir au Québec. Donc j'ai résilié mon abonnement qui se termine évidemment à la première heure le 1er mai.

Conséquences?

Je serai difficilement joignable d'ici mon retour à Sherbrooke, le 8 mai. Je ne pourrai donc rien publier sur Venise avant mon retour!! Bouhou! :'( Je me connecterai dans des cafés quelques fois, mais simplement pour voir si j'ai des mails importants.

Ralala... je ne veux pas quitter Lille...

M'enfin... à bientôt au... au... Québec?

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Jeudi 30 avril 2009


Et oui, j'ai appris cette semaine, indirectement grâce à Helenablue, que le blason de Lille arborait fièrement la fleur de... lys! Lille, lilia en latin, ça vous dit quelque chose? Lilia signifie lys.

Voilà pourquoi j'aime tant Lille!

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Lundi 27 avril 2009


Un trucage, bien entendu, puisque je ne possède pas d'appareil à deux million d'euros qui permet de faire des photos panoramiques, mais j'ai une certaine capacité à pivoter sur moi-même et à utiliser Photoshop, haha.

Découvrez donc la Grand' Place de Lille en panorama! C'est ici!

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Samedi 25 avril 2009


Évidemment, il n'était pas question d'aller en France sans voir Caroline, notre chroniqueuse française de La Recrue! Et ce n'est pas moi qui suis allé la voir à Paris, mais bien elle qui nous a fait l'honneur de sa visite à Lille. Super, car en même temps elle allait pouvoir découvrir Lille et, nous, lui faire visiter la ville, ce que je rêvais de faire depuis longtemps!

Après s'être bien rempli le ventre (et excitées les papilles gustatives!) au restaurant Renaissance, nous nous sommes promenés sur la Grand' Place et dans les ruelles environnantes. Arrêt obligé, bien sûr, la chocolaterie du Chat bleu, mais aussi les libraires de livres usagés de la Vieille Bourse et le Furet du Nord, où Caroline a été étonnée du choix offert par la librairie - on le remarque aisément quand on fait le compte des livres qu'elle y a acheté! Selon elle, les Émile Zola ne comptent pas, mais ça, ce sont ses règles de calcul à elle! :P Nous avons également fait un détour par la place de la République et par la Porte de Paris, puis avons terminé la journée par un café où nous avons entre autre parlé de son voyage au Québec. Franchement, Caroline a fait honneur à l'opinion que j'avais d'elle par le monde virtuel - pas tant que ça! - du web : une fille dynamique, généreuse et... passionnée de littérature. ;-)

Bref, une journée splendide - contre toute attente, il n'a pas plu! - pour une rencontre tout aussi charmante. Merci à Caroline pour cette belle journée, et aussi pour ses deux présents, des chocolats à mon nom, Maxim's de Paris, et un livre qui semble très intéressant : Paris l'instant de Philippe Delerm, qui présente des textes liés à des photographies de la ville lumière (par Martine Delerm). Bien hâte de le lire... et de le contempler!

À la prochaine Caro! Peut-être au Québec... ^^




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Jeudi 23 avril 2009
Non, je ne suis pas malade. Le Docteur Lapré est en fait mon amie Marie-Pier qui étudie pour devenir docteur, et éventuellement joueuse-dans-des-corps-humains-avec-le-sourire-et-la-joie-de-vivre. :P Et elle m'a envoyé un paquet! (ne contenant aucun morceau de corps humain, à mon grand étonnement, mais aussi à mon grand bonheur ^^) Pas n'importe lequel, avec une lettre bien sûr (je l'adore), mais aussi des photos de cabane à sucre (je l'idôlatrise) et des suçons au sirop d'érable! (elle est mon dieu) Vous comprendrez que j'étais fou de joie!

Maintenant, reste à savoir si je vais arriver à ne pas manger les quatre suçons à moi seul dans les prochaines minutes... faudrait pas exagérer quand même! Je vais ESSAYER de partager, haha.

MERCI MARIE!


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Mercredi 22 avril 2009
Oui, je sais, cela fait longtemps que je ne vous ai pas fait part de quelques tranches de ma vie ici. C'est que j'étais occupé à les beurrer en préparant la présentation que j'aurai à faire de mon stage de retour au Québec. D'ailleurs, j'aurais dû continuer aujourd'hui, mais, remerciez quelques problèmes techniques, je vais plutôt mettre à jour mon blogue.

Je vous avais laissé sur le sucre à la crème, la semaine dernière, car, rappelez-vous, je préparais un pot de départ pour la fin de mon stage au labo. Et bien cette dernière semaine et ce pot ont eu lieu, et j'ai toujours du mal à croire que mon stage est terminé, étonné à chaque matin de ne pas pousser cette grande porte bleu qui fait office d'entrée au laboratoire. Pour que je les oublie encore moins, mes collègues m'ont fait la surprise d'un t-shirt du Gallodrome de Lille, un truc super marrant faisait allusion au fait que l'été dans le nord est synonyme de... pluie. Forever Nord Summers. Et pour me rappeler que "ils sont sympa ichi quand-même", ce que je ne risque vraiment pas d'oublier, t-shirt ou pas!

Mais je vous imagine, impatients, vous posant la question ultime : alors, alors, dis-nous, le sucre à la crème, ils ont aimé les Français?! Bah oui, je vous comprends de vouloir savoir, moi-même j'avais très hâte de leur voir la tronche une fois le sucre leur fondant dans la bouche. Bien qu'il soit toujours possible que la politesse ait trafiqué les calculs, semblerait que certains aient bien aimé, allant jusqu'à en apporter chez soi, ou mieux, me demander la recette. D'autres sont plutôt restés perplexes face à ce cube haut en sucre et en gras, mais on ne peut pas leur en vouloir, le sucre à la crème ne faisant pas l'unanimité au Québec non plus. Ceux-là ont plutôt dirigé leur estomac vers la trempette - je traduis pour les Français : légumes que l'on "trempent", d'où le nom, dans une sauce souvent à base de mayonnaise et de crème fraîche - ou encore les chips-tuiles. Il y en avait pour tous les goûts, et ce fût selon moi - si on oublie que la moitié du Vieux Lille que j'avais acheté a coulé par terre quand j'ai ouvert la bouteille - un pot réussi.

De tout ça, j'aurai le souvenir d'un stage vraiment génial avec des gens supers.  J'y ai appris des tonnes de choses, et je ne peux que remercier Valérie et Patrick de m'avoir si bien accueilli parmis eux. Je pense qu'un stage en laboratoire scientifique est déjà une expérience unique, mais coupler cela avec les mots "à l'étranger" surpasse tout. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en venant faire mon stage au PC2A, et, aujourd'hui, je peux dire que j'ai bien fait de tenter ma chance et d'aller de l'avant dans ce projet. Encore merci tout le monde!

Par contre, il y a une chose que tout cela veut dire... le décompte commence. Plus que 17 jours avant mon retour au Québec, et seulement 11 jours avant que je n'aie à m'arracher à Lille. C'est ce qui sera le plus douloureux, j'en ai bien peur, de lever bagages et de dire adieu à cette ville avec laquelle je suis tombé amoureux dès les premières secondes et où j'ai vécu pendant 4 mois. Lille. Je viendrais y vivre si ce n'était de mes amis et de ma famille au Québec, je le dis très sérieusement. La Grande Place, Rihour, République-Beaux-Arts, la gare et sa fontaine...Lille.

J'éviterai quand même de verser des larmes tout de suite, car ce n'est pas fini, loin de là. Vendredi midi, si tout s'enchaîne comme cela le devrait, je déjeunerai avec Helenablue, Lilloise et blogueuse exceptionnelle! Et samedi, c'est Caroline qui viendra à Lille. Vous vous doutez que je suis impatient d'enfin la rencontrer en vrai et de lui faire découvrir la métropole du Nord!

Bien sûr, je vous tiendrai au courant de ces deux rencontres qui s'annoncent fort intéressantes. Bonne semaine!

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Mardi 14 avril 2009
Ce matin, j'arrive au labo, et , ne m'y attendant pas une seconde, Valérie me dit " Bonne fête"! Je la regarde, pas trop sûr si c'est une blague ou non. Elle me dit "C'est la Saint-Maxime aujourd'hui!".

Et oui, j'avais presque oublié qu'ici, en France, on fête les gens qui portent le nom du saint de la journée. Il faut donc distinguer "Bonne fête" de "Bon anniversaire", qui lui concerne bien la fête du jour de naissance d'une personne.

Résultat, Louise et Valérie me font la bise. Que c'est dur d'être fêté! :P

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