Seule face à l'injustice

Publié le par Maxime Jobin

Quelle n'était pas ma surprise lorsque, la semaine dernière, je recevais un courriel de la part d'une étudiante française me demandant son aide. Surpris, mais surtout désarçonné par l'ampleur de l'injustice qui lui est faite, j'ai tout de suite accepté sa demande de parler d'elle et de son problème sur mon blogue. Je vous explique la situation.

Étudiante X (nom qu'ont d'ailleurs dû lui donner toutes les personnes qui l'ont ignoré, mais que j'utilise puisque je ne connais pas son véritable nom) est étudiante en 3ème année de Licence Information et Communication à l'université. Malheureusement, depuis octobre 2007, elle rencontre des problèmes de santé qui l'empêchent de se déplacer. Ne voulant pas abandonner ses études (on la comprend), elle désire trouver une attente avec son université afin qu'elle puisse suivre ses cours à distance. Et c'est là que ça se corse.

Il suffit de lire son blogue (http://etudie-et-tais-toi.skyrock.com) pour se rendre compte des efforts titanesques que cette étudiante à fait jusqu'à maintenant pour obtenir de l'aide afin de pouvoir continuer ses études, et ce pourtant sans résultat concret. Elle dit « lorsque l'on est malade on a ni le droit ni le choix d'étudier ce que l'on veut, et ceci demeure pour moi quelque chose d'illégitime et d'inconsidérable dans un pays censé être le berceau des droits de l'Homme.». C'est effectivement inacceptable. Aucun cour par correspondance dans son domaine n'est offert. Elle a fait appel à des dizaines de services différents (service de sa faculté spécialisé dans des cas semblables aux siens, Médecine Préventive, syndicat d'étudiants, avocat, médiateur académique) et contacter plusieurs personnes, de ses professeurs jusqu'au président de la République. La majorité de ces personnes l'ont ignoré (et c'est ce qui est le plus dégoûtant!) et une minorité seulement a voulu l'aider, sans y arriver. « J'aurais simplement souhaité qu'on réponde au moins à mes courriers, mais on m'a donné l'impression que j'étais la seule responsable de ma situation; que personne ne se sentait concerné et que j'étais une recluse à présent! Bien pire que le sentiment de se sentir seule et incomprise, grandissait en moi un sentiment d'injustice et d'incapacité voulue.» À un moment, elle était pratiquement devenue sa propre avocate en cherchant elle-même dans les textes de lois et les chartes de droits des outils qui pourraient l'aider!

Au bout de quelques temps, elle reçoit un bulletin de note. Je me permet encore une fois de la citer : « le plus étonnant c'est qu'en face de chacun de mes cours, il y a de stipulé : "absence injustifiée"; pire que de l'absurdité, ou de la bêtise, il s'agit pour moi d'une preuve supplémentaire montrant l'incapacité et le manque de discernement d'une part de la médecine préventive qui a reçu tous mes certificats médicaux et d'autre part de mon Ufr qui bien qu'au courant de mon état depuis le 23 octobre semble être totalement je m'en foutiste.».

Aujourd'hui, elle en est à attendre des nouvelles de sa demande au Tribunal de Grande Instance. Sa situation me semble totalement irréaliste. Est-ce qu'ici, au Québec, une telle injustice serait possible? En France oui? Pourquoi? Cette étudiante n'a pas à cesser ses études pour cause de problèmes de santé. Elle veut continuer, et c'est tout à son honneur. Je dis : laissez-la étudier!

Pour ceux qui seraient intéressés à en savoir plus ou, encore mieux, à raconter son histoire sur leur blogue, voici à nouveau l'adresse de son blogue : http://etudie-et-tais-toi.skyrock.com.

J'espère que ce billet pourra l'aider un peu!

Publié dans Politique et société

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Julie GravelR 22/01/2009 23:29

Je dirai peu de choses ici.

J'ai évoqué les raisons qui peuvent, je dis bien "peuvent" expliquer les raisons que donnent les institutions pour justifier leurs décisions. Ça ne fait pas le tour de la question, bien entendu. Et je n'avais aucune prétention à cet égard. Je croyais l'avoir spécifié.

Je n'ai pas l'intention ici d'entrer dans quelque débat que ce soit.

D'ailleurs, question maladie, je suis servie, merci. Donc je sais relativement bien de quoi il en retourne. Chacun a parfois à faire son combat.

Je vous souhaite donc la meilleure des chances dans vos démarches.

Quant à l'étrange commentaire concernant ma "crédibilité" fait par Hamawarni, je n'en dirai rien. N'ayant absolument rien à prouver à personne, dans le cas qui nous occupe ici.

Hamawari 12/01/2009 22:06

Julie t'es pas crédible, ça fait peine à voir.

Maxime Jobin 12/01/2009 23:26


Pas crédible...? Hum.. laissons la au moins se défendre.


etudie-et-tais-toi 12/01/2009 14:28

Je me permets de réagir aux derniers commentaires postés. En ce qui concerne l'enseignement à distance, ma fac propose ce dispositif mais pas dans ma filière.C'est donc que cela est possible techniquement mais le bon vouloir des professeurs met un frein au développement de cette méthode, auquel Julie GravelR semble elle aussi réfractrice. Cette méthode devrait permettre à davantage de personnes en difficulté ( malades, handicapés, salariés, mère de famille...) de pouvoir étudier comme tout autre étudiant lambda.
Sinon, pour répondre à l'interprétation de Julie GravelR, il ne s'agit pas de problèmes en terme d'évaluation des acquis, puisque comme l'a dit Maxime, cela ne nous empêche pas de passer les Examens terminaux auquels nous sommes obligés de nous rendre ( les étudiants en situation de handicap possédant néanmoins des aménagements en terme d'horraires et d'aides diverses le Jour J; ce que fait ma fac! ). Le problème réside dans mon combat, sur le fait d'obtenir mes cours. Il serait long d'expliquer cet acheminement c'est pour cela qu'en lisant le billet de Maxime il est vivement conseillé d'avoir pris connaissance de mon blog http://etudie-et-tais-toi.skyrock.com afin de connaître réellement la situation dans laquelle je me trouve. Alors oui, dans les facultés il y a des critères de sélection mais pas comme celles que vous entendez vous, je pense aux personnes écartées de l'enseignement supérieur telles que les minorités invisibles ( les femmes, les banlieusard(e)s, les malades, les handicapés, les enfants dont les parents n'ont pas fait d'étude et qui ne possèdent pas de réseau social à proprement dit assez puissant pour s'intégrer efficacement à l'université, les étrangers ( hors filères Erasmus )...).
Pour le fait de la mise en place de l'enseignement à distance, je peux comprendre la difficulté pour un professeur de devoir noter un élève sans le voir travailler; mais ce n'est pas réellement le cas pour l'enseignement à distance puisque les examens terminaux sont obligatoires. Pour rebondir sur cette dernière idée, je conçois aisemment qu'avec internet, etc...la triche est devenue de plus en plus facile pour ceux qui le veulent, mais je crois qu'il ne faut pas généraliser sur les comportements. En tous les cas, ce n'est nullement dans mon état d'esprit, et pourquoi devrai-je prendre pour ceux qui trichent et qui ne sont pas à même d'étudier dignement?! Je suis une élève sérieuse, je n'ai jamais redoublé d'ailleurs, et si ma seule motivation était de tricher, je n'aurai sans doute pas fait toutes ces démarches depuis 2007, je n'aurai pas passé mon temps à dépenser mon énergie et mon argent dans toutes ces démarches administratives qui sont des plus prenantes et difficiles.
Ma filière n'offre pas de cours "concret" comme vous le dîtes, il s'agit de cours essenciellement basés sur l'histoire, la sociologie, et l'économie. Pour répondre aussi à la phrase "ce programme n'est pas adapté pour l'étudiante et sa situation", je souhaite là encore répondre. Je n'ai pas choisi de tomber malade durant ma L3. Et rien que par cette phrase vous semblez ( Julie GravelR toujours )cautionner l'injustice dont je suis victime; en enfermant les malades et autres étudiants dans mon cas, dans des cases. Alors selon vous, parce que l'on est malade on a pas le droit d'accéder aux mêmes enseignements que tout autre élève, nous devrions par notre situation nous prévaloir de filière bateau, qui regrouperait tous ceux exclus du système? A ma question, j'ajouterai cela: je vous conseille ( si évidemment vous considérez qu'un élève qui plus est malade peut vous conseiller ), d'étudier les textes de lois dont je fais d'ailleurs référence sur mon blog.Je ne sais pas si des lois similaires existent au Canada, mais, j'ai cherché longuement à savoir quels étaient mes droits dans mon pays, ce qui n'est pas évident. Et enfin, pour terminer, votre exemple est en effet très mal venu et des plus généralistes, d'autant plus si vous êtes professeur, il s'agit d'un manque évident de pédagogie à l'égard de tout être humain. Vous semblez une fois de plus cantonner les élèves "problématiques" ( malades, délinquants etc...) dans des cases; il s'agit ni plus ni moins de ségrégation. Mais pour répondre avec votre propore métaphore: même en étant sans jambes, les prothèses peuvent permettre de rivaliser toute proportion gardée avec des gens possédant eux de vraies jambes. Pourquoi donc serait-ce à l'homme handicapé de changer pour la société et d'accepter de survivre au lieu de vivre avec des choix qui sont les siens? Dans les faits ce serait à la société de s'adapter aux gens en difficulté, puisque la société est constituée d'un ensemble d'individus ( s'intéroger sur le concept d'individualisme méthodologique ). Une personne avec ou sans jambes reste un humain qu'il faut considérer comme tout autre. C'est aussi pour cela que je me bats!

Julie GravelR 07/01/2009 14:39

Maxime, pour répondre à ta question, ce n'est pas nécessairement la complexité de la réception des travaux à distance, c'est aussi l'enseignement lui-même. Et tu sais très bien que, de nos jours, il est bien trop facile de trouver des travaux déjà faits et de les faire passer pour les nôtres. Les profs doivent donc développer des stratégies d'encadrement de leurs étudiants pour les voir travailler, les suivre pas à pas (c'est ce que nous faisons pour les travaux de méthodologie).

Comme je le disais, il existe des programmes qui sont adaptés pour l'enseignement à distance. Mais dans le cas qui nous occupe ici, il semble que ce soit un programme très concrêt, en communication. Peut-être que le programme n'est pas adapté pour l'étudiante et sa situation.

Je dis n'importe quoi, mais pour donner un exemple, c'est comme si quelqu'un qui n'avait plus de jambes s'obstinait à vouloir courir le 100 m haie. On lui dirait: il existe d'autres options, mais celle-ci n'en est pas une.

Bon. L'image n'est pas parfaite, mais c'est l'idée.

Maxime Jobin 07/01/2009 14:53


D'accord, je vois le problème posé par le fait qu'il est impossible de voir l'élève travailler. Mais j'ai fait des cours par correspondance, et ce problème était en partie contourné en obligeant
l'étudiant à faire l'examen final en présence d'un professeur. Est-ce que ce principe serait applicable en communication... hum bonne question. En tout cas merci pour ta réponse!


Julie GravelR 05/01/2009 20:21

Réaction toute extérieure: je sais que ça peut paraître très sévère et inhumain, mais il faut se dire aussi que les universités ont des critères. Il existe des programmes qui se donnent à distance et qui conviendraient peut-être mieux à la situation que vit l'étudiante.

Il faut savoir que dans un monde de structures, comme l'est celui de l'enseignement, il y a des limites à l'adaptation. Surtout qu'il faut pouvoir évaluer les acquis et mettre des bases communes pour l'évaluation des étudiants. Pour que tous soient sur le même pied d'égalité. Moi, je ne pourrais pas, comme prof, accepter qu'une étudiante ne se présente pas à mes cours, et qu'elle ne fasse que me remettre des travaux à distance. Mais où j'enseigne, il existe toutefois ce genre de cours. Ce ne sont toutefois pas les miens.

Mais bon. Je ne veux pas non plus parler à travers mon chapeau. J'ai été malade aussi et j'ai vu qu'on est facilement mis de côté quand on a des problèmes de santé. Mais je vois aussi l'autre côté de la médaille sur le plan de la pédagogie. Et en plus, je n'ai pas été examiner le blogue de l'étudiante en question.

Je faisais juste mettre un bémol.

Maxime Jobin 05/01/2009 20:43


C'est intéressant de savoir ce qu'une prof en pense. Mais pourquoi serait-ce si difficile ou complexe de recevoir les travaux à distance? J'essai de comprendre. Tu peux surement m'éclairer sur le
sujet? :)