« Ai juré de tout
te dire.» De te dire les maux et les mots que j'ai endurés. Le sarcasme de certaines paroles qui m'ont été lancées, simplement, à travers la foule. Ai juré de te raconter, Anne, ma différence,
ma peur, leur peur de celle-ci. Ai juré de t'expliquer mes désirs et leurs tranchants, mes rêves et leurs couleurs. De t'illustrer mon enfance, mes déceptions et mes craintes. Ai juré de te décrire
ce que signifie le regard d'un homme pour moi, la texture de leur peau. Leur souffle contre mon cou, leurs yeux sur moi. Leurs bras forts qui me serrent presque avec violence. Ai juré de
formuler pour toi une explication à l'attirance que j'ai pour eux et à l'indifférence que m'évoque une femme, même si, vraiment, je n'en ai aucune. Ai juré de que tu comprendrais,
que tu ne m'en voudrais plus.
Ce texte provient d'un exercice de 5 minutes fait en cours de Littérature Québécoise : écrire une histoire à partir d'une phrase. Cette phrase provient de Les
fous de Bassan de Anne Hébert.
L'image représentant le texte est une peinture de Gabriel Lauriers.
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