Espèces en voie de disparition

Publié le par Maxime Jobin

Livre québécois
Auteur
: Robert Lalonde
Note : 7.9/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 197 pages

Commentaire 

Ce recueil de nouvelles de Robert Lalonde me laisse perplexe. À travers des métaphores et des descriptions en lien avec la nature, l'auteur veut nous raconter des histoires humaines touchant les thèmes de l'amour, de la mort, du suicide, de l'amitié, de la cruauté et de l'homosexualité. Le problème, c'est que ses textes n'arrivent pas toujours à atteindre le lecteur qui s'emmêle rapidement dans les méandres de portraits affreusement lourds sur l'environnement naturel des personnages. À toujours tout vouloir lier à la terre, au vent ou à la mer, il en oublie parfois le but du texte lui-même, qui est vraisemblablement celui de faire réfléchir.

Néanmoins, certaines histoires de Espèces en voie de disparition valent la peine d'être lues. Je pense entre autres à « Le meilleur ami de l'homme », « L'ange brisé », « L'accidenté » ou encore « Un chalet, un autre, toujours le même ». On ne peut nier le talent de l'écrivain à imaginer des personnages hauts en couleurs... ou en noirceur, et la facilité avec laquelle il peut, parfois, nous surprendre. Je crois toutefois que pour apprécier ce livre, il faut aimer lire pour lire, c'est-à-dire être en mesure d''estimer un bouquin pour son style, ses messages, sa vision ou encore son odeur. C'est ce qui, je dois l'avouer, m'a séduit des pages de Lalonde : leur portée et leur style.

N'acheter pas ce recueil pour être accroché. Ne l'acheter pas non plus pour vous en reposer, car sa lecture demande de l'attention, de la réflexion. Si vous l'achetez, faites-le dans l'optique de vous y attarder et de savourer quelques histoires d'humanité.

Quatrième de couverture

« Se cachent, au fond de chacun de nous, des histoires. Parfois, elles s’éveillent pour nous rappeler l’existence d’êtres d’exception. Des êtres issus de notre passé, de notre enfance, ou de plus loin que nous encore, qui savent mieux aimer, mieux vivre, mieux mourir que nous ne le pourrons jamais. Toute une humanité nous habite, qui nous semble à la fois plus vraie que l’autre, et plus fragile aussi, espèces en voix de disparition. La plupart de ces nouvelles révèlent de telles histoires cachées. Chacune met en scène des êtres irremplaçables. Un père qui disparaît au fond de la rivière avant la naissance de son fils, un ange déchu qui enflamme un groupe de jeunes voyageurs, une femme qui donne à un peintre la force de mettre une oeuvre au monde, un enfant dont un couple a refusé la venue, un autre couple, au seuil de la mort, qui se découvre toujours hanté par le désir. Chacune de ces nouvelles est une plongée vers l’humanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous. »

Citations


" - Tu dormais?
  - Non. Je m'exerçais.
  - Tu t'exerçais à quoi?
  - À être mort. Ça vient pas naturellement, faut s'entraîner."


" Flotter avec la terre et les autres étoiles dans le ciel, si tu savais comme j'ai hâte !"

" T'as bien raison, va! Vas-y, hurle, engueule le cosmos, mon vieux! C'est tout ce qu'il mérite !"

" La vie est un mystère, crevé de petits trous par où se faufilent la peur, l'espérance, les malentendus..."

" Quelle étrange place nous tenons dans l'univers, où nous sommes à la fois indispensable et de trop..."

" C'est que nous n'osons pas, ouvertement, avoir besoin les uns des autres."

" Et si rencontrer l'autre franchement c'était d'abord se dépouiller soi-même de sa propre histoire, dangereusement engagée dans la vision commune, cette fausse aventure commencée sous le regard de ceux qu'on appelle des adultes, les grands, qui ne savent pas, qui veulent notre bien et qui ne trouvent rien d'autre à nous offrir que ce destin de suiveur sur un chemin tout tracé?"

" L'eau est la grande mémoire, le réceptacle mouvant et muet des souhaits indicibles et des terreurs irraisonnées."

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.

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