Jour 8 - En autobus

Publié le par Maxime Jobin

Distance parcourue : 24 km
Trajet : De Puente la Reina à Ayegui

La journée a été totalement différente de celle prévue. À mon réveil, Méli me demande si je peux finalement rester avec elle, prendre la bus, car cela la stress, elle a peur qu’on ne se retrouve pas. Juste pour aujourd’hui qu’elle me dit. Sa demande m’étonne, mais après mûre réflexion, je décide de l’accompagner : car est-ce que c’est plus sage de rester avec une amie qui en a besoin ou de continuer le chemin par, disons les vrais mots, pur égoïsme, pour pouvoir dire ne pas avoir sauté d’étape? C’est évident que je suis déçu d’avoir prit l’autobus pour faire une partie du chemin, mais je ne regrette pas mon choix, je devais prendre cette décision pour Méli. Je n’ai donc pas marché pour aller à Estella aujourd’hui.

Mélissa a pu se reposer pendant une bonne partie de la journée, après malheureusement avoir marcher près de 2 kilomètres entre l’arrêt d’autobus et l’auberge d’Ayegui, une ville plus loin , car nous n’avons pas trouvé de refuge à Estella. Malgré cela, nous sommes, je crois, tous les deux d’accord pour dire qu’elle ne pourra plus marcher du chemin. Elle a donc du prendre de dur décisions concernant le reste du voyage. Je veux continuer. Elle a décidé que, pour l’instant, elle me suivrait en bus.

Je crois néanmoins qu’elle le prend très mal. Bien qu’elle ne veuille pas le laisser paraître, elle a pleuré. Je ne sais pas quoi faire pour la réconforter. Je la comprends totalement, car j’ai versé des larmes pour exactement la même raison qu’elle hier. Seulement pour elle c’est encore plus dur car elle ne pourra effectivement pas continuer. De plus ses genoux doivent lui faire affreusement mal, ce qui ne l’aide pas vraiment. Au moins, tout le monde est très gentil avec elle.

Je vais continuer, du moins jusqu’à ce que Méli décide si elle continue de me suivre éternellement ou non. Alors je réfléchirai à nouveau, car ça ne voudra plus seulement dire seul sur le chemin, mais seul aux refuges, seul dans un pays dont je connais mal la langue. Demain donc, je continue. 20 kilomètres environ vers Los Arcos, où j’espère retrouver Méli.

Maintenant, je vais lire pour me détendre un peu. Je vais d’ailleurs laisser mon livre à Méli pendant les journées, qu’elle ait quelque chose à faire.

Maude, Les Coloriés est un livre que tu adorerais j’en suis sûr, si tu ne l’as pas déjà lu.

Maman, je pense beaucoup à toi ces jours-ci. J’ai hâte de te revoir, même si j’adore l’Espagne.

Quelques petites différences entre le Québec et l’Espagne que je tiens à noter avant d’aller lire :

  •  
  • Les espagnols soupent (dînent) entre 9h00 et 10h00 du soir. Ils font une sieste l’après-midi.
  •  
  • Ils mangent beaucoup plus de poissons et de légumineuses.
  •  
  • Les commerces ouvrent à 10h00 du matin, sont fermés de 1h00 à 4h00 ou même 5h00 et ouvrent à nouveau jusqu’à tard le soir.
  •  
  • Les espagnols sont moins pressés, plus lents et n’ont pas la notion de « bon-service », dans le sens où s’ils décident de ne pas ouvrir une telle soirée, parce qu’ils préfèrent dormir, ils n’avertissent pas les clients et n’ouvrent tout simplement pas. Au Québec, cela serait impensable.
En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Les rues de Puente la Reina.
(2) Une rivière à Estella.
(3) Notre refuge de pèlerins à Ayegui.
<< Jour précédent - - Jour suivant >>

Commenter cet article

martine, la pèlerine 11/02/2009 13:15

Je pense que dès le départ vous avez fait des étapes trop longues... c'est la raison pour laquelle Méli a souffert de ses genoux. Je crois qu'il ne faut absolument pas "prévoir" les étapes, mais faire faire à son corps seulement ce qu'il est capable de faire.
Il m'est arrivé, lorsque j'étais vraiment exténuée, de ne faire qu'une étape de 6 km... et vers la fin (en allant à Finisterre) j'ai pu faire des étapes de 42 km...
Il ne faut pas "forcer" son corps !

Maxime Jobin 11/02/2009 19:42


Oui, vous avez probablement raison. Mais Méli est une femme plutôt orgeuilleuse. Je lui proposais mon bâton, elle ne le voulait pas. Je lui disais qu'elle devrait peut-être sauter un jour de
marche, elle voulait continuer. Mais je pense que, de toute façon, sa blessure aurait fini par arrivé quand meme, car elle existait déjà avant de partir.