Comment les riches détruisent la planète

Publié le par Maxime Jobin

Une entrevue au Téléjournal de Radio-Canada avec Hervé Kempf, journaliste au journal Le Monde, hier, m'a grandement interpellée. Il explique comment, selon lui, les riches détruisent la planète, et faisant la promotion de la croissante à tout prix. Il a d'ailleurs écrit un livre à ce sujet : Comment les riches détruisent la planète. J'ai relevé certains de ces propos que je trouvais intéressant, pour les partager avec vous. Les voici :

Il dit, en parlant de la couche dirigeante de gens riches : "Il y a une inégalité qui est énormément creuse et qui effectivement est constituée d'une classe dirigeante, une couche dirigeante - moi j'ai envie d'appeler ça une oligarchie, c'est à dire un groupe relativement restreint de gens qui a la majorité des pouvoirs et qui vit entre-elle sans trop se préoccuper de ce que pense les autres. [Cette oligarchie] a un effet nuisible parce que [ses membres] accumulent les privilèges et les ressources, ils ne veulent pas les partager, ils détiennent les leviers de pouvoirs, ils sont extrêmement conservateur - donc ils nous empêchent d'évoluer -  et ils répandent un modèle de consommation qui est extrêmement nuisible."

Puis, sur le PIB : "Le PIB est un instrument biaisé de mesurer l'évolution de l'économie car il ne mesure tout simplement pas les dégâts sur l'écologie. On est exactement dans le cas d'une entreprise qui regarderait l'évolution de son chiffre d'affaire, mais qui ne compterait pas l'amortissement de ses équipements. Et donc, dans ce temps là,  on a l'impression d'être très riche, d'être très prospère, mais ce qu'on ne voit pas, c'est qu'on est en train de saccager la base même de la production dans laquelle on est."

Finalement, il propose des solutions : "Première chose, bien identifier notre maladie. La maladie de notre société à l'heure actuelle c'est d'avoir cette double crise écologique et cette crise d'inégalité et d'injustice sociale. Après, comment ont agit, on ne va pas le faire d'un coup de main, ça va prendre du temps mais on peut déjà jouer sur la politique fiscale, qui est un levier de la politique publique extrêmement important. [...] Depuis 10 à 15 ans, dans tous les pays - en Allemagne, en France, aux États-Unis, au Canada, au Japon - la fiscalité sur les riches et les entreprises a diminuée : c'est quand même extraordinaire, alors qu'ils sont de plus en plus riches! Donc renverser les choses : détaxer l'écologie, détaxer le travail, retaxer les surconsommations et retaxer les hyper-riches. Relancé par exemple l'idée d'un revenu maximale acceptable. Est-ce qui est normal que des gens gagnent 150 ou 200 fois plus que le salaire moyen ? Est-ce qu'il y a des gens qui valent humainement 200 fois plus que quelqu'un d'autre? Non. Donc on pourrait dire : on n'admet pas une différence de plus de 40 ou 50 fois plus, ce qui est déjà pas mal."

Pour voir l'entrevue au complet, vous pouvez cliquer ici.

Publié dans Politique et société

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Maryse 16/08/2007 18:29

Comment un pays peut-il se développer, vaincre la pauvreté, démocratiser ses institutions sans passer par la croissance et le développement? Cette chimere de l'auteur, rend la lecture du livre fort désagrable. A éviter. 6 sur 10.

Louis 08/08/2007 06:10

Excellent livre d'après ce que j'ai entendu. Faudrait vraiment que je le lise... Mais y a tant à lire...