Un simple blogue, pas pour parler de moi, mais pour m'exprimer sur ce qui me tiens à cœur, que ce soit l'actualité, la politique, les bouquins, mes projets, mes textes, etc. Je veux un refuge qui me résume bien, qui me voit porté par les flots de mon existence à travers les années, comme un album souvenir d’opinions et de passions. Un endroit aussi pour entendre vos opinions, argumenter et amener à réfléchir. Ici, je souhaite que ce soit autant votre univers que le mien, je désir vous entendre, entre autre par l'intermédiaire des commentaires. Ici, c’est moi, c’est vous.

publié dans : Politique et société
Jeudi 6 septembre 2007
Ces dernières semaines, j'ai entendu et lu des propos sur ce fameux "Nous" que Mme Marois a choisi d'adopter dans ses discours. Le Nous québécois. Certains comprennent le réel sens de ce mot, d'autres l'écorchent et l'utilisent pour faire dire au parti québécois des choses qu'il ne pense pas. Toutes ces querelles absurdes m'ont interpellés et j'aimerais amener mon point de vue sur le sujet, en utilisant un article de la Presse de cette semaine, soit Nous et eux de Lysiane Gagnon (6 septembre).

Dans son texte, Mme Gagnon déclare :

"Pauline Marois devrait peut-être emprunter les manuels de grammaire de ses enfants. Elle y réapprendrait le sens des pronoms. Notamment le sens du pronom «nous», qui désigne (voir le Petit Robert) «un groupe auquel celui qui parle appartient».   

D'où il s'ensuit qu'en toute logique, il y a des individus qui ne font pas partie du groupe, et qu'on désignerait par «eux» ou «ils». Pardon pour la lapalissade, mais si tout le monde faisait partie du groupe, il n'y aurait pas de groupe. Il n'y aurait qu'un grand tout indistinct. Autrement dit, il ne peut pas y avoir de «nous» inclusif, cela serait un oxymoron.


Mme Marois, sans le dire explicitement, tentait de retourner à la source même du mouvement indépendantiste, qui repose effectivement sur l'existence d'une nation canadienne-française, ou, si l'on préfère, de la nation québécoise de vieille souche française. Mais elle allait vite déraper sous le feu des questions des reporters. La minorité anglophone? Elle fait partie du «nous»! «Tout le monde est 'nous'«, dit-elle, «tous ceux qui vivent au Québec sont 'nous'«.

Et Mme Marois de retourner bien vite à l'orthodoxie actuelle du PQ, en confondant le groupe dont elle parlait plus haut et dont elle évoquait en filigrane les 400 ans d'histoire, et «la majorité francophone», un terme qui englobe aussi bien les immigrés rwandais ou maghrébins, qui sont des francophones. Eux aussi font donc partie du «nous»? Mais alors pourquoi avoir mis l'emphase, serait-ce à mots couverts, sur la vieille nation canadienne-française, si elle ne voulait parler que de l'ensemble des habitants du Québec?
"

L'auteure de ce sophisme possède une très bonne logique mais ne sait malheureusement pas l'appliquer. Il existe en effet des gens désignés par "eux", puisqu'on parle de "nous". Mais le Nous définit les québécois face aux canadiens et non pas les québécois de souche face aux "autres québécois". Là est l'erreur que j'ai souvent vue et qui a menée aux incongruités de ces deux dernières semaines à propos d'un Nous dont les "nouveaux-québécois" seraient supposément exclus. La chef du parti québécois croit comme la plupart des souverainistes que les immigrants qui viennent vivent au Québec sont de vrais québécois, d'où le nous inclusif. Peut-être pas inclusif grammaticalement, mais bien inclusif au vrai sens (parce qu'il y a autre chose que la grammaire dans la vie), c'est-à-dire socialement.

Se battre pour le Québec et pour les québécois, peu importe si c'est pour mener à un pays distinct ou pas, c'est se battre pour le Nous de Pauline Marois.
Pourquoi alors mettre l'emphase sur "la vieille nation canadienne-française" nous dites vous. Je croyais que c'était clair, il semble que non. La réponse est simple : les québécois de souche sont le fondement du Nous des souverainistes. Ils sont le noyau, car c'est par eux que passe l'histoire du Québec et les valeurs québécoises. Ceci dit, cela n'empêche pas les québécois non de souche de profiter de l'idéologie de la souveraineté et de promouvoir les valeurs du Québec. Ils ne peuvent que faire parti du nous. Mais parce que l'histoire du combat pour un pays passe par cette "vielle" nation québécoise, il est important de parler d'elle comme d'une partie importante du Nous québécois.

"On touche ici au dilemme épineux du mouvement souverainiste, né de l'humiliation des Canadiens-français d'il y a 40 ans. Le nationalisme ethnique, avec la survie de la langue, était le grand élément mobilisateur. L'humiliation n'est plus, et la langue est sauvée. À notre époque et dans le contexte contemporain du Québec, le nationalisme ethnique n'a plus de raison d'être. Cependant, le nationalisme civique, fondé sur le territoire plutôt que sur une histoire nationale, est un concept froid et désarticulé."

Soit, Mme Gagnon, vous avez mal compris la souveraineté, soit vous êtes réellement de mauvaise foi. Je réfère mes lecteurs à un article sur les fondements de notre combat de nos jours qui exprime exactement ce pourquoi  "dans le contexte contemporain du Québec" la souveraineté à sa place : Pourquoi la souveraineté? (J'aimerais également faire un aparté pour proposer cet article à l'auteur du texte De quel «nous» parle-t-on? publié dans La Presse du 1er septembre, Jean-François Marcoux. Sa dernière phrase "Pourquoi être Canadien empêcherait-il d'être aussi Québécois?" me force à réagir. Il trouvera réponse à cette question dans mon billet, en particulier aux points 4, 5, 7 et 8.)

Pauline Marois utilise simplement le Nous pour marquer plus clairement les incontestables différences qui nous séparent des autres canadiens. Il n'y a rien ni personne qui met à part les immigrants québécois, sauf peut-être certains journalistes qui semble en décider ainsi à la place de la chef du PQ en manipulant ses dires.

Le Nous est symbole du combat québécois pour une liberté de gouverner selon nos valeurs québécoises, fort différentes de celles des canadiens du reste du Canada.

Le Nous c'est les québécois qui veulent ou non le pays, car nous habitons tous dans la même société et nous vivons tous les mêmes réalités québécoises. Se battre pour le Québec et pour les québécois, peu importe si c'est pour mener à un pays distinct ou pas, c'est se battre pour le Nous de Pauline Marois.

C'est aussi simple que ça.

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publié dans : Lecture
Mercredi 5 septembre 2007
Livre québécois
Auteur
: Stéphane Dompierre
Note : 8.6/10
Parution : 2004
Nombre de pages : 227 pages

Commentaire

Stéphane Dompierre nous a écrit un livre rafraîchissant qui malgré tout, porte à réfléchir. Ce n’est pas une grosse histoire à tout casser ni une thèse de philosophie ou encore un roman à suspense. C’est seulement un récit tout simple, celui d’un homme dans la trentaine qui se cherche et qui cherche à savoir où il va. Mais c’est avec une plume fantastique que l’auteur nous livre cette histoire où ironie et observation crue s’entremêlent, menant à maintes reprises à des fous rires incontrôlables.  Je ne peux que vous conseiller ce livre léger, à savourer préférablement dans un hamac l’été.

Synopsis

« À 20 ans, pour Daniel, il n'y avait rien de plus cool que d'être gérant d'une boutique de disques. À 30 ans, c'est autre chose. Sans fric, sans amour, sans projet, Daniel a la désagréable impression de ne pas être adulte, assis sur son banc derrière la caisse enregistreuse à regarder dans le vide. Pour remédier à la situation, il décide d'agir de la façon qu'il connaît le mieux: courir très vite dans tous les sens, sans réfléchir. »

Citations


" L'amour a-t-il toujours une date d'expiration? "

" Je ne suis plus un mec de trente ans dans une Écho grise surchauffée, parti acheter soixante-huit rouleaux de papier cul quadruple épaisseur, jumbo, molletonné, nouveau et amélioré, écologique, biologique, recyclé, recyclable, hypo-allergène, anti-bactérien, non testé sur les animaux, doux comme un petit chat tout blanc tout mignonTM."

" Je me sens aussi ridicule avec ce sourire décoratif que si je l'avais découpé dans du carton pour me le coller sur la gueule."

" Les gens deviennent fous quand on ne les aime plus. "

" Je m'en souviens très bien, l'avantage des traumatismes d'enfance c'est qu'ils nous collent au fond du crâne jusqu'à notre dernier jour. "

" J'ai l'émotivité en panne. Mon coeur est devenu vide et froid. J'ai le charisme d'une momie et l'entrain d'un cactus. Je suis un film d'horreur. Je suis le village fantôme d'un film western."

" Le bonheur, c'est un gros chien qui nous lèche la face."

" Je constate avec embarras une chose simple et terrifiante : mes parents m'ont donné une vie et je ne m'en suis pas servi encore. Elle jaunit dans son emballage plastique."

" Et voilà une autre journée qui se lève, amère comme la première gorgée de jus d'orange après s'être brossé les dents."

" C'est surprenant, parfois je peux penser que j'ai atteint le fond et puis hop, je découvre une petite porte et un escalier que je n'avais pas repérés au départ, et je m'enfonce un peu plus dans ma déprime."

" Ce moment mérite tout plein d'adverbes."

" Jenn se penche dans le frigo et trouve un sac de mini-carottes préparées, sélectionnées, lavées, miniaturisées, désinfectées, antibactériennes, douces pour les mains, blanchissant les dents et combattant la mauvaise haleine dans le tiroir de légumes."



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publié dans : Politique et société
Lundi 20 août 2007

Pour ceux qui ne le sauraient pas, l'AÉCS est l'association étudiante de notre cégep, le cégep de Sherbrooke. Ce qui m'amène à écrire aujourd'hui, c'est une absurdité que j'ai lue dans leur journal, le Porte-Voix, distribué à tous les étudiants lors de la prérentrée. On peut y lire, sur la première page : "L'AÉCS est représentative des étudiants et des étudiantes du Cégep en basant son discours et ses actions sur les décisions prises en assemblées générales, l'instance supérieure du syndicat.". C'est totalement ridicule, car l'AÉCS est loin d'être représentative. Je m'explique.

Comme à chaque automne, notre association sortira ses pancartes et ses hauts-membres du placard pour "informer" les nouveaux arrivants au cégep de leurs revendications et des raisons d'une probable grève générale illimitée. Et puis il y aura assemblée générale, où les nouveaux iront voter pour ou contre la grève sans avoir été informé correctement. Pourquoi mal informé? Parce que l'AÈCS n'informe pas ses membres comme elle le prétend, elle les dirige vers la voie qui leur convient à eux, les hauts-membres du syndicat étudiant.

Pour que les étudiants de première année soit réellement INFORMER, il faudrait que l'association leur expose les pours et les contres de la grève, au lieu de leur faire miroiter un seul côté de la médaille. Ainsi, les nouveaux étudiants, n'ayant jamais voté pour "choisir" les idées que l'AÉCS défend, pourraient voter en toute connaissance de cause.

Il est facile pour l'association étudiante de dire, en exposant une seule partie des faits, que parce qu'elle base ses revendications sur les résultats d'assemblées générales, elle est représentative. Le problème, c'est qu'elle truque les résultats en distribuant de l'information triée selon qu'elle convient ou non à leur position. Le cercle vicieux peut honorable qu'elle utilise pour garder ses idées en avant me semble assez clair et hypocrite:

1. Par leur campagne d'information à chaque automne, ils convainquent facilement les nouveaux arrivants du "bien-fondé" de leurs opinions, puisqu'ils n'ont aucune compétition et que les étudiants ne sont informés que de ce que l'AÉCS veut bien les informer.

2. À l'assemblée générale, ils réussissent à faire voter à nouveaux leurs revendications avec l'aide des votes de ces mêmes étudiants.

3. Ils peuvent se dire "représentatif" de l'opinion des étudiants, ayant fait une campagne déloyale pour y arriver.

4. Le cercle recommence l'année suivante.

Lors d'une assemblée générale peu avant la fin de la session d'hiver 2007, il a été proposé qu'un "camp" du non soit inclus à la campagne d'information de la session d'automne que nous allons commencer dans quelques jours, afin de permettre aux nouveaux étudiants de former clairement leur point-de-vue. Évidemment, cette proposition a été rejetée.

L'AÉCS ne peut donc pas se dire représentative.

J'aimerais quand même inviter tous les nouveaux arrivants au Cégep ainsi que tous les étudiants à voter lors de l'assemblée générale qui viendra bientôt, en prenant toutefois garde de bien analyser les arguments de l'AÉCS, puisqu'aucun comité du non ne pourra vous informer de son point de vue. C'est en faisait cela qu'on pourra arriver à une vraie association étudiante représentative.

Bonne rentrée!

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publié dans : Lecture
Dimanche 19 août 2007
Auteur : Alexandre Jardin
Note : 8.5/10
Parution : 2004
Nombre de pages : 338 pages

Commentaire

Une société sans adultes. L'idée d'Alexandre Jardin ne pouvait être meilleure. C'est cette société qu'il a imaginé que l'auteur nous propose de découvrir. Un peuple de grands enfants n’ayant aucune notion du temps, de la fidélité ou encore du travail, se contentant de « zouaver » (jouer) perpétuellement.

Les Coloriés est un livre fabuleux. Il porte à réfléchir sur les tendances grises de l’adulte d’aujourd’hui et nous mène à rêver d’une façon de vivre moins lourde, plus près de notre enfance. Comme je l’ai déjà dit, « Si j’étais professeur de philosophie, Les Coloriés ferait très certainement parti des livres que mes étudiants auraient à lire!».

Synopsis

« Est-il possible de vivre sans adultes ? De dire non a l'univers raisonnable et sérieux des grandes personnes ? Ecoutez plutôt. Il était une fois une île dans le Pacifique où vit un peuple qu'aucune carte n'a jamais répertorié : les Coloriés. Turbulents, sincères et gobeurs d'instants, ils vivent dans un univers sans adultes où l'enfance et le jeu sont devenus une culture à part entière. En 2003, l'ethnologue Hippolyte Le Play rencontre à Paris Dafna, une jeune et ravissante représentante du peuple colorié. Imprévisible, gouvernée par ses émotions et ses désirs fantasques, cette " grande petite fille " le bouleverse immédiatement. Mais les Coloriés ne sont pas oiseaux que l'on apprivoise facilement. Et voilà Hippolyte embarqué dans une course-poursuite imprévue qui l'entraînera bien loin de chez lui.

Avec ces Coloriés et leur fantaisie tendre et espiègle, l'auteur du Zubial et dru Zèbre nous offre là son roman le plus déroutant et le plus drôle. Une véritable invitation à se hisser à la hauteur si dépaysante de l'enfance.
»

Citations


" Dès qu'on te parle d'un truc, si tu veux passer pour une grande, il faut y voir un problème à régler."

" Oui, le jeu s'appelle le mariage. Ça consiste à vivre toujours la même chose à deux et à le reprocher à l'autre."

" C'est en se moquant de l'assentiment de la réalité et des tristes usages que l'on élargit le monde."

" Avoir envie est un verbe qui se conjugue mal à l'impératif."

" Après tout, la vie valait d'être vécue si l'on avait la maturité de la colorier."
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publié dans : Pèlerinage de compostelle
Samedi 18 août 2007


 
De Saint-Jean-Pied-De-Port à Burgos. Près de 300 kilomètres. C'est ce que moi et Mélissa Proulx avont parcouru cet été, tout en visitant un peu Paris. Je vous propose ici de vous raconter ma vision de notre pèlerinage, mes émotions et notre découverte de l'Espagne et de la France. Je base ces écrits sur mon cahier dans lequel j'ai écris tout au long de notre cheminement. Cela débute par un atterissage à Paris et se termine par un retour au Canada. Entre les deux, 13 jours de marches qui nous auront fait découvrir toute la culture espagnole, la beauté de l'Espagne et qui, immanquablement, nous auront fait apprendre sur nous-même.

Voici donc ces pages dans lesquels je vous racontre notre périple. Sachez que toutes les photos, près de 70, peuvent être agrandie en cliquant simplement dessus :

Attention! L'ordre des articles sur le blogue fait en sorte que les jours sont présentés à l'envers. C'est pourquoi il faut cliquer sur "Jours 1 et 2 - Fatigue et stress" plus haut, puis utiliser par la suite les liens "Jour suivant" visibles à la fin de chaques articles.

Buen camino!
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publié dans : Pèlerinage de compostelle
Mercredi 15 août 2007
Un verre d’eau sur la tablette en face de moi, Méli à côté, sur l’autre banc, les nuages et l’océan à travers le hublot à ma droite. Nous sommes dans l’avion, nous quittons Paris, nous quittons l’ambiance européenne et mon rêve. 

Ce matin, moins stressant que prévu. Après le petit-déjeuner de petit pain, beurre et chocolat chaud désormais devenu inévitable et habituel, nous réussissons à nous rendre à l’aéroport Charles-De-Gaulle à l’aide de différentes lignes de Métro et du RER B. L’enregistrement et l’embarquement se passent bien aussi, malgré un retard de plus de 2 heures.

Dans l’avion, Méli écoute sa musique, je lis une revue Science et Vie que je me suis achetée. Puis, après le repas chaud très bienvenu de poulet, pomme de terre en purée, pâtes au basilic et fèves, je relis mon petit cahier de voyage. Je revis chaque moment et chaque jour. Je me rends compte à quel point j’ai adoré notre pèlerinage et notre séjour à Paris et à quel point ce voyage a été et sera à jamais un élément essentiel de ma vie.

Je suis heureux. Et je ne vois pas comment terminer ce cahier autrement que par ces trois mots, car c’est réellement ce que je ressens après avoir vécu tout ce que j’ai vécu les 3 dernières semaines. Merci Méli de m'avoir permit de vivre cela avec toi.

Je suis heureux.

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publié dans : Pèlerinage de compostelle
Mardi 14 août 2007
Les deux derniers jours furent époustouflants et m’enlevèrent complètement le goût de retrouver au Canada. Ce soir, je serais prêt à rester encore une semaine! 

La première journée, après le réveil et un petit-déjeuner de pains, beurre et chocolat chaud, nous sommes allés visiter Paris. Je vous propose de découvrir cette journée en photos:

   
  

Dans l'ordre de présentation :

(1)Le musée du Louvre, avec ses pyramides de verres impressionnantes.

(2)L’imposant panthéon où reposent des personnes importantes à la France. « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. »

(3)Notre-Dame-De-Paris, où nous sommes entrés pour admirer la formidable architecture et les tableaux de cette cathédrale.

(4)La place de la Concorde avec son obélisque égyptien, l’obélisque de Louxor.

(5)La place de la Bastille et son monument commémoratif de la révolution.

Le Quartier latin où nombre de librairies et d’éditeurs on prit place, dont une librairie Canadienne.

L’énorme et majestueux hôtel de ville, témoin d’un autre temps.

Nous avons également vu la Conciergerie, le jardin des tuileries et le Palais Royal. Tous ces endroits sont des lieux que nous avons observés sans y entrer, puisque cela nous aurait coûté une fortune. Méli avait raison.

(6)Le soir, nous sommes allés voir la tour Eiffel. Je ne croyais pas trouver cela extraordinaire : pour moi, la tour a toujours été un amas de fer. Mais je dois avouer que, à 10h00 du soir, lorsqu’elle a commencé à scintillé, j’ai ouvert grand les yeux et profité du beau moment que ce monument de lumière nous proposait. Ce fut d’ailleurs notre plus belle soirée à Paris.

Puis le lendemain, même petit-déjeuner. Cette fois, nous allons à Versailles. Je meurs d’impatience car c’est un endroit que je rêve de visiter depuis des années. Le château et son domaine sont magnifiques et énormes, mais ce n’est pas selon moi le plus beau château de France – Élise serait d’accord avec moi. Par contre, d’un point de vue historique, j’ai été totalement satisfaits et mes attentes ont été plus que comblés : en plus de visiter les différentes salles du château où Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, le dauphin ou encore Marie-Antoinette ont posé les pieds – c’est-à-dire leurs appartements, la galerie des glaces, leurs bureaux, la salle des ministres, etc., des salles beaucoup plus étonnantes que l’extérieur du château -  un audio-guide nous soufflait à l’oreille l’histoire de ces pièces et de leurs occupants. J’ai été particulièrement intéressé par la période du règne de Louis XVI et de la révolution, car je connaissais déjà certains détails, ayant lu plusieurs livres sur Marie-Antoinette et ayant écouté plusieurs documentaires sur cette période.

Le soir, nous avons fait une tentative ratée de sortie dans une rue où les boutiques sont abondantes, sous la pluie. Toutes les boutiques était fermés, seul restait les restaurants.

Et maintenant, de retour à l’auberge, je m’apprête à dormir ma dernière nuit en Europe. Je regarde la tour Eiffel scintiller une dernière fois et je m’endors.

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publié dans : Pèlerinage de compostelle
Dimanche 12 août 2007
Paris. À nouveau. De la fenêtre de notre auberge de jeunesse, la même qu’au début à Clichy, nous pouvons apercevoir un bout de la tour Eiffel. Aujourd’hui, après être arrivé à Paris vers 6h00 du matin, avoir mangé un croissant de chez Paul et s’être rendu à l’auberge, nous avons visité quelques secteurs du centre-ville : les champs Élysées, la place Charles-de-Gaulle avec son arc de triomphe et son rond-point étoilé puis le secteur Montmartre avec son cimetière impressionnant et sa basilique Sacré-Cœur. C’était bien, mais je crois que nous étions trop fatigué pour réellement apprécié et comprendre que nous étions en France.

 Méli vient de me dire quelque chose à propos de la ville lumière : pour réellement sentir la ville et les différences européennes, il faut de l’argent. Pour véritablement visiter ce qui vaut la peine à Paris, il faut encore de l’argent. Si on voulait vraiment se mettre dans l’ambiance Parisienne, il faudrait admirer les œuvres du Louvre, monter la tour Eiffel, dîner dans les restaurants et les cafés, etc. Je suis d’accord. C’est comme ça à Paris. C’est tout le contraire de l’Espagne et des plus petites villes de France : un pèlerinage comme le notre, nécessitant le strict minimum, était la seul manière de vivre le pays.

Et donc voilà, je n’écris déjà plus car je suis fatigué, je n’ai pas réussi à dormir beaucoup dans le train. J’en dirai plus sur Paris dans les jours à venir.










En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) L'arc de triomphe.
(2) Vue depuis le haut de l'arc de triomphe.
(3) Le moulin rouge dans le quartier Montmartre.
(4) La basilique du Sacré-Coeur.

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Samedi 11 août 2007
Distance parcourue : 26 km
Trajet : De San Juan de Ortega à Burgos

Un train de la RENFE nous amène de l’Espagne à la France, à Hendaye, puis un autre nous amènera à Paris. Cela fait drôle d’avancer sans efforts, sans que mes jambes aient à souffrir. Aujourd’hui, j’ai marché la dernière étape de notre chemin, celle menant à Burgos. Plaine sur le haut d’une montagne, champs, cercle de pierres construit par les pèlerins, coquilles. À Burgos, après avoir traversé pendant plusieurs heures la moitié de la ville un peu plus moderne, je me retrouve devant la cathédrale grandiose de la ville, où, comme point final à mon pèlerinage, je décide de donner de la monnaie à une femme pauvre, assise sur le mur de la cathédrale. Je ne sais pas si elle est vraiment démunie, mais peu importe, le geste compte. Je trouve Méli de l’autre côté de l’énorme édifice religieux. Nous nous racontons nos rencontres, expériences et fous rire des deux derniers jours. Nous allons chercher le sceau d’arriver à Burgos pour le faire étamper dans notre Credencial, acte symbolique, puis nous marchons jusqu’à la gare pour prendre, à 4h44, le train dans lequel nous nous trouvons en ce moment.

C’est étrange de quitter ce pays que j’ai découvert à pied, cette culture que j’ai vécue plus que n’importe quel voyage touristique aurait pu me le permettre. Dans le train, on devine une bonne dizaine de pèlerins retournant chez eux. Coquilles et bâtons. Qu’est-ce que ce chemin m’aura apporté? Qu’ai-je retenu de ce périple européen?

Quelques changements, petits et grands, se sont opérés en moi, je le crois. J’ai redéfini mon statut de solitaire. Je ne vois plus le concept de solitude comme avant. Marcher seul, pendant près de 10 jours, devait donner ce résultat, et c’est ce qui est arrivé. Je ne crois plus que si c’était nécessaire, je pourrais vivre sans relation, seul chez moi. Avant le chemin, je ne croyais pas à l’énoncé qui dit que l’homme est un être de relation. J’y crois maintenant, et je sais que je ne pourrais pas exister sans amitiés, sans amour, sans liens avec autrui, tout comme je ne pourrais pas le faire sans solitude. Solitude et relation sont à présent complémentaires à mes yeux.

Je pense être un peu moins timide, dans le sens où je suis plus ouvert à aller parler aux gens. Durant le voyage, encore plus dans les deux derniers jours, j’ai du parler en anglais, français et même espagnol pour demander de l’information ou parler avec d’autres pèlerins. J’ai rencontré des gens de toutes langues et de toutes cultures. J’ai, pour la première fois, dû me forcer à aller voir les gens pour leur parler. Maintenant, j’ai moins « peur ». Pourtant, je sais qu’il me reste encore des pas à faire pour améliorer cet aspect de ma personnalité, et j’espère les faire dans l’avenir, j’espère que ce voyage aura servi de lancée.

J’ai aussi découvert en moi une force de volonté extraordinaire. J’ai fait mon chemin jusqu’au bout, c’est là un fait indéniable. J’ai réussi, malgré certains jours de découragement, certains jours où j’aurais voulu suivre Méli en bus. Malgré les hauts et les bas – car c’est bien ce que fut le chemin : une dénivellation non constante de hauts et de bas – je suis allé au bout de mon défi. Et ce défi, c’était un défi à aspect physique, le pire défi que je pouvais me donner, car contraire à toutes mes forces. Et j’ai réussi. Tout ça m’aura certainement apporté une plus grande confiance en moi. J’y crois en tout cas, et cela se vérifiera dans les mois à venir. Je suis fier.

Et puis j’ai appris à vivre de petits moments magiques, d’instants de joie. Le chemin n’est pas une extase. Il est difficile tant physiquement que moralement. Il faut savoir s’accrocher aux instants de bonheurs qu’il nous apporte pour avoir la volonté d’aller jusqu’au bout : un paysage divin, un repas entre pèlerin, une rencontre, un échange, un symbole, un bonjour. Plus concrètement encore : aller à l’épicerie avec Méli ou lui faire découvrir ce que j’ai acheté seul, arriver à notre ville destination, porter fièrement la coquille, parler français avec un pèlerin, découvrir notre refuge de la journée, trouver un livre français dans une commode. À l’avenir, je saurai que moments difficiles ou pas, j’ai une ficelle de petits bonheurs à laquelle je peux m’accrocher.

J’ai grandi tout simplement. Je me demandais qu’est-ce que le chemin change à la vie d’une personne, pourquoi tant de gens disent avancer autrement dans la vie après avoir marcher ce chemin. Maintenant je sais. Le chemin nous oblige à nous rapprocher de nous-mêmes et de cette façon il réussi à changer ce que nous percevons de nous et du monde. Certains le font pour trouver des réponses à des questions. Moi je l’ai fait sans question, en laissant le chemin faire son travail sur moi. Le Camino de Santiago est bénéfique que vous cherchiez quelque chose ou pas, car immanquablement, il vous apportera beaucoup. J’ai 18 ans, je suis jeune et lorsque j’ai décidé de faire le chemin, j’étais heureux, je n’avais pas réellement de gros problèmes. Le contexte est totalement différent de celui d’un homme ou d’une femme qui déciderais de marcher le chemin pour trouver un nouveau sens à sa vie. Pourtant, il m’a beaucoup donné.

Je ne reviendrai pas au Canada saint. Je ne serai pas non plus plus sage ou plus intelligent. Je serai simplement davantage moi et j’aurai grandi. Enfin, c’est ce que je perçois aujourd’hui. J’écris le jour même de mon arrivé au point final sur les résultats de mon voyage. Peut-être ais-je tords, peut-être y-a-t-il des choses qui ne sont que façades, des choses que je ne vois pas ou des changements mal évalués. J’en saurai davantage plus tard, avec le recul. Alors je pourrai réellement définir ce qu’est devenu Maxime suite à ce pèlerinage.

On m’a souvent demandé si je pensais continuer le chemin pour aller jusqu’à Santiago. Je ne le sais pas, seul le temps me le dira. Ce que je sais, c’est que si je le fais, ce sera que j’ai des réponses à trouver, que je voudrai me retrouver moi, le vrai moi, si jamais je me perds. Et si je le continue, ce sera à l’âge adulte.

Je suis content et fier d’avoir fait ce chemin. J’en garderai à jamais un souvenir impérissable. Dans les prochains jours, nous allons découvrir Paris. Ce sera pour moi des jours de repos, tant mentaux que physiques, pour laisser retomber la poussière qui a été déplacée sur le chemin. Puis nous retournerons au Canada. J’ai hâte de retrouver tout le monde et de raconter le voyage. Les derniers instants à Paris je les passerai avec Méli, et je compte bien les rendre le plus merveilleux possible, afin que ces quelques jours puissent rester pour elle comme d’excellent souvenir de notre voyage, à l’instar de tous les mauvais surement apportés par son genou.

Direction Paris. Dodo dans le TGV nous y menant. D’ici demain je repose mon stylo.

Avec du recul

Il est encore trop tôt pour dire si les changements que j’ai notés dans ce cahier ce jour là sont réels et tangibles. Mais je vois une différence mineure dans mon attitude, il me semble que je suis plus calme et que le degré d’importance de certaines choses ont changé. Je vois autrement.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Le matin, sur le chemin.
(2) Une fontaine d'eau potable pour les pèlerins, probablement dans le village d'Atapuerca.
(3) Un champs de tournesols assez impressionnant.
(4) Un cercle de pierres construit par chaque pèlerin passant sur la plaine, située en haut de la montagne à monter dans cette étape.
(5) Une photo de moi avec à l'arrière une pancarte prouvant mon arrivée à Burgos. Je fais une face de drogué, mais j'étais fatigué et j'avais le soleil dans la figure.
(6) La cathédrale de Burgos, étonnant monument religieux.

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Vendredi 10 août 2007
Distance parcourue : 24 km
Trajet : De Belorado à San Juan de Ortega

La preuve que tout est relatif : alors qu’hier et aujourd’hui je devais marcher le même nombre de kilomètres, la marche d’hier m’a semblé beaucoup plus longue que celle d’aujourd’hui.  Les villages, la dénivellation changeante – plus particulièrement la montée d’une haute montagne -, les paysages divers et le froid m’ont aidés à marcher le chemin sans trop m’ennuyer. J’ai atteint San Juan de Ortega à midi, à ma grande surprise, car le village n’est visible qu’à la dernière minute en sortant de la forêt. Cette forêt qui d’ailleurs a rendu la deuxième moitié du chemin fort longue, de part son environnement monotone n’apportant rien de nouveau.

San Juan de Ortega n’est qu’un petit village, un amas de maisons entourant un monastère dans lequel on retrouve l’auberge de pèlerins. Bien que ce bâtiment religieux soit sublime, San Juan et son refuge n’apporte pas grand-chose. Dans la ville, pas d’épicerie, pas de restaurant, pas de pharmacie, uniquement 4 ou 5 maisons, le monastère, un bar et le refuge. Dans le refuge, pas de salle de lavage – il faut laver son linge dans la fontaine du village -, pas d’eau chaude pour la douche – la galère, car l’eau n’est pas juste froide, elle est gelée – et n’offrant aucun repas pour combler l’absence de restaurant ou d’alimentacion. Résultat : je mange un sandwich et des biscuits achetés au bar pour souper, et demain matin je mangerai la banane et les arachides que je me suis forcé à ne pas manger ce midi, car normalement ces deux choses faisaient parti de mon dîner. J’espère que demain il y aura une épicerie ouverte à Atapuerca, un village sur ma route, sinon j’aurai du mal à dîner.

Heureusement, j’ai rencontré ici l’ « ami » américain de Méli, James, et j’ai retrouvé un Canadien de Yellowknife, ex-québécois, a qui nous avions parlé il y a quelques étapes. J’ai également fait la rencontre d’un nouveau français, qui trouvait cela très impressionnant que nous faisions le chemin à notre âge. Je ne suis donc pas réellement seul. D’ailleurs la solitude n’est pas si lourde que je l’aurais pensé, malgré le fait qu’après avoir jouer aux cartes, vaquer à mes tâches quotidiennes et lu – car j’ai trouvé un livre français, Liberty, dans un meuble de chevet au refuge -, je ne sais plus trop quoi faire. Il reste que j’ai hâte de retrouver Méli demain à Burgos, ma dernière destination sur le chemin, et d’avoir accompli mon défi déjà presque terminé.

Il est 6h45, je vais me coucher à 8h00. D’ici là, je vais probablement lire, même si je sais que je ne vais jamais finir le livre, puisqu’il est trop gros pour que je l’amène avec moi. Mais avant de serrer ma plume, je veux écrire que je suis fier et fort heureux d’avoir décidé de continuer et de finir le chemin, mon chemin, seul.

Et non, je n’avais pas terminé d’écrire, je veux rajouter quelque chose avant de me coucher, car de nouveaux évènements se sont produits. Après la messe, le refuge a servi, dans la salle commune, une soupe à l’ail à tous les pèlerins. C’était magique comme moment, car tous les pèlerins se sont réunis autour d’une longue table. L’hôte nous a fait un discours en espagnol - sur les raisons amenant à faire le chemin – ce qui a donner lieu à quelques rires entre les français, dont moi, car nous ne comprenions rien du tout. Puis, après les applaudissements, nous sommes allez chercher une deuxième part de soupe. Je n’oublierai jamais ce moment qui, à mon avant-dernière étape, m’aura rempli de joie. J’ai hâte à demain.

Avec du recul

Cette journée fut fabuleuse, je me souviens très bien à quel point je me sentais bien, assis à l’extérieur en train d’écrire dans mon cahier. Ce fut l’une des plus belles journées.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Sur le chemin.
(2) Une partie du monastère, là où se trouve le refuge.
(3) Après la soupe à l'ail, certains restent pour discuter.

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publié dans : Pèlerinage de compostelle
Jeudi 9 août 2007

Distance parcourue : 23 km
Trajet : De Santo Domingo de la Calzada à Belorado

La marche d’aujourd’hui était ordinaire. Heureusement qu’il y avait souvent des villes, car sinon je me serais ennuyé. J’ai quand même pensé à mettre une roche pour chaque personne de ma famille, ainsi que pour certains amis comme Méli, Mélissa Jetté et Marc-Antoine, lorsque je rencontrais un de ces amas de pierres situés sur les « totems » signalisant le chemin. C’était très significatif pour moi que le chemin leur apporte quelques choses à eux aussi.

Demain, Méli ne peut pas me suivre en autobus à San Juan de Ortega, car il n’y a pas de ligne qui s’y rend. Ce qui m’a demandé de prendre une décision :

1° Soit je marche les deux prochaines étapes seul. Je serais donc 2 jours complètements seul, même à l’auberge.

2° Soit je marche jusqu’à Villafria, une ville au milieu de l’étape de demain, et après-demain je prends la bus avec Méli.

D’un côté, je préfère la deuxième option, car je suis un peu exaspéré de marcher seul, car cela fait tout de même 6 ou 7 jours en ligne. D’un autre côté, je sais que si je ne choisi pas la première option, je vais regretter de ne pas avoir marché jusqu’au bout, celui que nous nous sommes donnés, Burgos. Pour l’instant, je pense marcher les 2 prochains jours seul. J’espère ne pas changer d’idée. Cela ne me tente pas vraiment, mais je me suis donner un défi et je serais déçu de moi-même de ne pas l’accomplir par lâcheté. Car ce serait de la lâcheté pure et simple, puisque je ne suis pas blessé physiquement. Rien ne m’empêche donc de continuer. J’espère seulement que le chemin de demain, long – 24 km – et difficile – car il monte beaucoup –, sera un peu plus éblouissant et nouveau.

Pourtant, même si j’ai hâte de retourner à Paris, puis éventuellement au Canada, l’Espagne va me manquer avec ses différences de culture, ses toits rouges et sa langue – très loin dans mon esprit. Le chemin aura été plus dur moralement à marcher que je ne l’aurais cru, à cause de la solitude, mais je ne regretterai en rien mon expérience.

Ce soir, nous avons mangé au refuge pour 8 euros, car il n’y a pas de cuisine disponible pour les pèlerins ici. Nous avons mangé un très bon repas – soupe au poulet et œuf, salade, viande de porc, crème glacée et pain – en compagnie de deux allemands. C’était bien agréable, nous avons réussi à tenir une conversation en anglais. Nous avons parlé des raisons de faire ce pèlerinage. Ils nous ont expliqué qu’ils avaient besoin de faire le point sur leur vie, et que c’est pour cela qu’ils sont ici. Nous leur avons dit que nous voulions quant à nous vivre quelque chose de différent, rencontrer des gens et réfléchir un  peu.

Je sens que je vais me coucher de bonne heure, car je suis assez fatigué. Je me demande à quoi ressembleront les deux prochains jours. Vais-je réussir à passer de belles journées malgré l’absence de Méli? Que vais-je faire une fois au refuge, seul?

Il est 8h00, je vais cesser d’écrire et tenter de dormir, malgré la lumière – le soleil se couche à 10h00 - et le bruit. Demain, un autre jour, un jour de solitude.

En photos

Mélissa avait l'appareil photo cette journée là. Les photos que je publie ici sont donc celles de sa journée, principalement en autobus. Je ne peux pas les commenter.









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