Un simple blogue, pas pour parler de moi, mais pour m'exprimer sur ce qui me tiens à cœur, que ce soit l'actualité, la politique, les bouquins, mes projets, mes textes, etc. Je veux un refuge qui me résume bien, qui me voit porté par les flots de mon existence à travers les années, comme un album souvenir d’opinions et de passions. Un endroit aussi pour entendre vos opinions, argumenter et amener à réfléchir. Ici, je souhaite que ce soit autant votre univers que le mien, je désir vous entendre, entre autre par l'intermédiaire des commentaires. Ici, c’est moi, c’est vous.

publié dans : Lecture
Dimanche 16 mars 2008
Livre québécois
Auteur
: Élise Turcotte
Note : 7.7/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 125 pages

Commentaire 

Avec un tel titre, j'en attendais beaucoup de ce recueil de nouvelles. J'ai été déçu. Tous les textes se ressemblent : de longues plaintes sur la vie, de longues réflexions sur la mort, peu d'éléments intéressants. Surtout, à ne pas lire en pleine dépression. On sent bien ce que l'auteure a voulu faire avec ce livre - quelque chose qui pourrait ressembler à un manifeste de la mort de nos jours - mais je ne suis pas du tout sûr qu'elle ait réussi.

Bien sûr, Pourquoi faire une maison avec ses morts n'est pas totalement inintéressant : certains passages font réfléchir, d'autres nous en apprennent sur la mort de notre époque. La nouvelle titre, « Comment faire une maison avec ses morts », est certainement, en ce sens, la nouvelle la plus séduisante du recueil, apportant quelques faits peu banals sur la mort dans d’autres cultures. L'ensemble se tient, on peut deviner que le personnage principal est le même pour chaque texte, mais cet ensemble ne nous tient pas, nous, ne nous amène pas dans son univers. Trop de redondances, trop fade.

Je ne conseille pas ce livre, sauf si, vraiment, la mort vous passionne. Élise Turcotte a peut-être réussi à décrire la mort à la perfection, mais elle n'a pas, enfin pas selon moi, réussi à lui donner un angle qui aurait pu lui procurer un nouvel habit, une nouvelle lumière. À vous de vous faire une opinion sur le sujet.

Quatrième de couverture

« L'homo sapiens a compris depuis longtemps comment transformer la mort en symboles. On a trouvé des cornes de cervidés dans les plus anciennes sépultures. Cornes, fleurs, coquillages, outils de silex. Toute forme d'art commence avec ce récit. Mais aujourd'hui, plus personne ne sait comment faire une maison pour les morts. Et c'est chez moi que l'homme finit un jour par déposer son bouquet de lys. Dans ces sept histoires pétries dans la glaise du jour, les pieds sur le seuil du nouveau millénaire, les questions de tous les temps bourdonnent fort à nos oreilles. Ne sent-on pas qu'il y a un autre monde en sursis, craignent toujours la petite faucheuse, aujourd'hui comme il y a mille ans? Que le jardin des allongés n'a rien d'un paradis et que, en fin de compte, la mort est bien plus vivante qu'on ne le croie... La narratrice de ces histoires aide les endeuillés à comprendre l'incompréhensible, afin de faciliter le passage obligé de la mort, dans un monde engagé sur l'autoroute de la déshumanisation.»

Citations


" J'ai cherché moi-même à être ce roc contre lequel les marées se cognent sans jamais qu'il s'ébranle. Mais je sais maintenant ma propre mort bien plus certaine, bien plus entêtée que n'importe quel roc, n'importe quelle racine survivante."   

" Je dis, c'est une odeur de la mort. Celle d'un souvenir, pas celle du corps. Ni celle de la perte brute. Rien d'assez matériel. Juste un effluve de l'impénétrable."

" Si la fatigue permet un travail, c'est celui de l'errance."

" Certains disent que s'éveiller le matin est comme une petite naissance. J'envie ces gens. Pour moi, chaque matin ressemble plutôt à une petite mort. [...] Seule. J'ouvre les yeux et ne me dis aussitôt que je vais mourir. [...] Si je mets un pied par terre, tout s'enclenche [...] Je suis si fatiguée de mourir."

" Par le passé, à deux reprises, j'ai dû cacher tous les couteaux de la maison. [...] Le simple fait de regarder les couteaux de la maison comme des ennemis en dit beaucoup sur l'existence."

" C'est peut-être ça, l'approche de la mort : non pas la résurgence de tous les moments vécus, comme on l'a si souvent décrit, mais des îlots de faits non vécus sur lesquels on sautille comme des enfants jouant à saute-mouton."

" Dans la salle de bal de l'hôpital, les coursiers passent régulièrement pour mettre des petits cachets sous la langue des patients qui attendent. Je sors la langue moi aussi. Mais le coursier passe son chemin en souriant. Je lui crie : 
- Je n'ai pas le droit d'être calme moi aussi ?
"

" Aujourd'hui, le mien, mon visage, ne m'importe plus. Je pourrais le voir vissé sur un autre corps que je ne serais pas surprise."

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.

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publié dans : Écriture
Jeudi 13 mars 2008
« J'étais un enfant dépossédé du monde. » Je n'ai jamais vraiment su pourquoi. Il semble qu'avant même ma naissance, un être quelconque ait scellé mon destin. Qu'il l'ait couvert d'un papier complètement opaque, ficelé avec une corde provenant d'un autre monde. Peut-être un ange avec l'un de ses cheveux ou alors mon inconnue de mère avec ses propres mains. Peut-être un ancêtre avec son âme. Peut-être même Dieu avec son incessante injustice. Quoiqu'il en soit, le monde ne m'a jamais appartenu, ne m'a jamais accueilli. Au contraire, j'ai plutôt l'impression que, lors de mon expulsion - car je ne me fais pas d'idée, ce n'était rien de plus - tout s'est mis en branle pour me pourrir l'existence. Pour que jamais en ce bas monde je ne puisse connaître la joie, ce que je peux identifier dans les larmes de rire d'une enfant, mais que j'ai peine à ressentir. Pour qu'on m'oublie, m'ignore, m'efface. Pour que je me délaye dans les couleurs de ma pâle existence.

Rien n'a changé aujourd'hui. Je n'ai aucun passé. Encore pire, aucun présent. Je fais partie de ceux qui n'ont toujours pas trouvé le sens de tout ça, de ce grand cirque humain. Je me suis suicidé plusieurs fois, mais la vie s'acharne sur moi : elle veut me rappeler qu'elle existe, tout en me signifiant qu'elle ne m'a pas mis ici pour rien. Pourtant, aucun but ne semble m'avoir été attribué. Les ponts, les lames de rasoir, les pilules... j'ai tout essayé. Rien n'y fait. J'aurais un accident de voiture que je n'aurais aucune égratignure. 

Vraiment la vie me déteste. Non, pas la vie. La vie est une invention de l'homme. Mais quelque chose me voue une haine sans limite, c'est évident, pour me garder vivant pendant 25 ans. Vingt-cinq ans de pure torture, vingt-cinq ans de délire, à ne pas savoir où aller, quoi faire, comment le faire, qui être. Où, comment, quand, pourquoi : quatre mots qui ne résonnent pas, ne répondent pas. Surtout le dernier. 

Je ne sais pas quelle jambe avancer en premier. J'ignore quels mots utiliser pour parler. Je ne sais pas quel geste veut dire quoi, de quel regard répondre. J'ignore totalement ce que sont les rouges, verts, jaunes, mauves... je ne perçois que les teintes de gris, du blanc sale au noir de suie. Je ne sais pas comment se prend un miroir, un vase, une lampe. Je ne sais pas comment se lave une tache. Je me méprends toujours entre une robe et une jupe, entre ma main gauche et ma main droite. J'oublie mon nom lorsqu'on me le demande, j'omets de l'écrire sur les formulaires. J'ai peur de l'eau, du noir et des autres. J'ai peur de moi. Les odeurs et les sons, les images, goûts et textures ne m'atteignent pas. Mon corps n'est pas le mien, je ne le possède pas, car je ne possède rien. Je suis le néant sans l'immensité, je suis une âme morte sans l'éternité.

Je suis un être chétif dépossédé du monde. Quelqu'un peut me dire où aller?

Ce texte provient d'un exercice de 5 minutes fait en cours de Littérature Québécoise : écrire une histoire à partir d'une phrase. Cette phrase provient de Le Torrent de Anne Hébert.

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publié dans : Vous et moi
Jeudi 13 mars 2008
Dernièrement, j'ai reçu un courriel de la part d'André Pronovost, un auteur québécois qui publie depuis 1975. Il a entre autre écrit Bord-de-l'Eau. Il essai de faire connaître son site. J'ai donc décidé de l'aider un peu en publiant ici l'adresse de son site Web. La voici :

http://andrepronovost.com

Je n'ai jamais lu cet auteur, mais il est maintenant sur ma liste! Si quelqu'un à des commentaires à me faire sur l'une de ses oeuvres, je serais fort intéressé.

Bonne visite!
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publié dans : Réflexion
Mardi 11 mars 2008
Dix choses que j'aime.

J'aime rire lorsque je glisse et tombe dans la neige en essayant de descendre ma cours. J'aime ouvrir un livre, goûter l'odeur acre de ses pages puis m'y immerger. J'aime parler du regard, sans bouger mes lèvres, et me faire répondre de la même façon. J'aime perdre mon temps devant la télé, écouter et regarder des idées, de l'imaginaire. J'aime les couleurs du soleil l'hiver, celles des feuilles d'automne, de l'herbe d'été et du ciel au printemps. J'aime écrire ses mots. J'aime me souvenir, penser, imaginer. J'aime faire quelque chose de simple qui fait pourtant plaisir à quelqu'un. J'aime découvrir, apprendre, voyager sur terre comme en moi-même. J'aime être entouré d'amis et, en toute simplicité, discuter.

J'aime tellement autre chose, que je défonce ma limite de dix pour dire qu'entre autre j'aime affronter ce que m'envoi la vie et que, donc, j'aime aimer et souffrir.

Vous, qu'aimez-vous?

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publié dans : Écriture
Jeudi 28 février 2008
« Ai juré de tout te dire.» De te dire les maux et les mots que j'ai endurés. Le sarcasme de certaines paroles qui m'ont été lancées, simplement, à travers la foule. Ai juré de te raconter, Anne, ma différence, ma peur, leur peur de celle-ci. Ai juré de t'expliquer mes désirs et leurs tranchants, mes rêves et leurs couleurs. De t'illustrer mon enfance, mes déceptions et mes craintes. Ai juré de te décrire ce que signifie le regard d'un homme pour moi, la texture de leur peau. Leur souffle contre mon cou, leurs yeux sur moi. Leurs bras forts qui me serrent presque avec violence. Ai juré de formuler pour toi une explication à l'attirance que j'ai pour eux et à l'indifférence que m'évoque une femme, même si, vraiment, je n'en ai aucune. Ai juré de que tu comprendrais, que tu ne m'en voudrais plus. 

Ai juré de t'aimer malgré tout, même si ce n'est pas moi, parce qu'en un sens tu comptes plus pour moi que tous les hommes qui ont fait une déchirure dans la toile de ma vie, tous ceux dont l'image du corps sous les couvertures me hante encore. Ai juré de ne pas soulever ma chemise devant toi, pour que tu ne vois pas les cicatrices qui sont toujours là. Des cicatrices de lorsque je ne savais pas, je ne comprenais pas. Ai juré de te parler d'eux, du premier, du dernier. De mon père qui est mort sans comprendre, sans accepter, de mon frère qui est parti, de ceux qui m'ont abandonné et de ceux qui sont restés. De Théo, Étienne, Marc-Andrée, Phillip... Ai juré...

Je n'ai pas su quoi dire, tu pleurais. Sans vouloir te blesser, ai juré de tout de dire, pour que tu comprennes combien je suis désolé d'être incapable de t'Aimer. Alors assied-toi, laisse-moi te bercer, laisse-moi t'expliquer qui je suis.

Ce texte provient d'un exercice de 5 minutes fait en cours de Littérature Québécoise : écrire une histoire à partir d'une phrase. Cette phrase provient de Les fous de Bassan de Anne Hébert. 
L'image représentant le texte est une peinture de
 Gabriel Lauriers.

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Mardi 26 février 2008
Livre québécois
Auteur
: Robert Lalonde
Note : 7.9/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 197 pages

Commentaire 

Ce recueil de nouvelles de Robert Lalonde me laisse perplexe. À travers des métaphores et des descriptions en lien avec la nature, l'auteur veut nous raconter des histoires humaines touchant les thèmes de l'amour, de la mort, du suicide, de l'amitié, de la cruauté et de l'homosexualité. Le problème, c'est que ses textes n'arrivent pas toujours à atteindre le lecteur qui s'emmêle rapidement dans les méandres de portraits affreusement lourds sur l'environnement naturel des personnages. À toujours tout vouloir lier à la terre, au vent ou à la mer, il en oublie parfois le but du texte lui-même, qui est vraisemblablement celui de faire réfléchir.

Néanmoins, certaines histoires de Espèces en voie de disparition valent la peine d'être lues. Je pense entre autres à « Le meilleur ami de l'homme », « L'ange brisé », « L'accidenté » ou encore « Un chalet, un autre, toujours le même ». On ne peut nier le talent de l'écrivain à imaginer des personnages hauts en couleurs... ou en noirceur, et la facilité avec laquelle il peut, parfois, nous surprendre. Je crois toutefois que pour apprécier ce livre, il faut aimer lire pour lire, c'est-à-dire être en mesure d''estimer un bouquin pour son style, ses messages, sa vision ou encore son odeur. C'est ce qui, je dois l'avouer, m'a séduit des pages de Lalonde : leur portée et leur style.

N'acheter pas ce recueil pour être accroché. Ne l'acheter pas non plus pour vous en reposer, car sa lecture demande de l'attention, de la réflexion. Si vous l'achetez, faites-le dans l'optique de vous y attarder et de savourer quelques histoires d'humanité.

Quatrième de couverture

« Se cachent, au fond de chacun de nous, des histoires. Parfois, elles s’éveillent pour nous rappeler l’existence d’êtres d’exception. Des êtres issus de notre passé, de notre enfance, ou de plus loin que nous encore, qui savent mieux aimer, mieux vivre, mieux mourir que nous ne le pourrons jamais. Toute une humanité nous habite, qui nous semble à la fois plus vraie que l’autre, et plus fragile aussi, espèces en voix de disparition. La plupart de ces nouvelles révèlent de telles histoires cachées. Chacune met en scène des êtres irremplaçables. Un père qui disparaît au fond de la rivière avant la naissance de son fils, un ange déchu qui enflamme un groupe de jeunes voyageurs, une femme qui donne à un peintre la force de mettre une oeuvre au monde, un enfant dont un couple a refusé la venue, un autre couple, au seuil de la mort, qui se découvre toujours hanté par le désir. Chacune de ces nouvelles est une plongée vers l’humanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous. »

Citations


" - Tu dormais?
  - Non. Je m'exerçais.
  - Tu t'exerçais à quoi?
  - À être mort. Ça vient pas naturellement, faut s'entraîner."


" Flotter avec la terre et les autres étoiles dans le ciel, si tu savais comme j'ai hâte !"

" T'as bien raison, va! Vas-y, hurle, engueule le cosmos, mon vieux! C'est tout ce qu'il mérite !"

" La vie est un mystère, crevé de petits trous par où se faufilent la peur, l'espérance, les malentendus..."

" Quelle étrange place nous tenons dans l'univers, où nous sommes à la fois indispensable et de trop..."

" C'est que nous n'osons pas, ouvertement, avoir besoin les uns des autres."

" Et si rencontrer l'autre franchement c'était d'abord se dépouiller soi-même de sa propre histoire, dangereusement engagée dans la vision commune, cette fausse aventure commencée sous le regard de ceux qu'on appelle des adultes, les grands, qui ne savent pas, qui veulent notre bien et qui ne trouvent rien d'autre à nous offrir que ce destin de suiveur sur un chemin tout tracé?"

" L'eau est la grande mémoire, le réceptacle mouvant et muet des souhaits indicibles et des terreurs irraisonnées."

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.

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Dimanche 24 février 2008
Livre québécois
Auteure
: Stéfani Meunier
Note : 8.6/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 213 pages

Commentaire 

Au nombre de citations que j'ai transcrites de ce livre, on peut voir que j'ai vraiment adoré. Ce n'est pas une façon de dire adieu est le genre de roman à travers lequel on peut voguer, en riant et en pleurant, mais aussi en s'assoyant confortablement et en acceptant les effluves de mots et de sons qui en ressortent. Léger, mais oh combien passionnant : Stéfani Meunier sait comment peindre le quotidien pour le rendre coloré, attrayant, obsédant. On y raconte la vie de trois personnes, deux New Yorkais et un citoyen du monde, dont la rencontre changera tout. Dans un petit appartement de Brooklyn, avec leur chien Lennon, leur musique et leurs anecdotes, ils vivront l'amitié et l'amour. Mais un voyage sèmera le doute et le vide dans leur vie. Il y aura des adieux, plutôt des fuites. Quelque chose qui ne ressemble pas à une façon de dire adieu.

Il n'y a pas qu'un seul narrateur, mais bien trois co-narrateurs. Chaque chapitre est le reflet de la vision d'un personnage concernant un moment de leur vie commune. On comprend ainsi mieux leur relation, leurs bonheurs, leurs altercations. 

Franchement, ce petit bouquin québécois est un bijou et il serrait vraiment dommage pour un lecteur passionné de ne pas sauter, main sur la couverture, dans les pages de ce livre. Que vous soyez français, africain, américain, québécois... cela n'a pas d'importance. Stéfani Meunier raconte une histoire universelle, une histoire de rencontres et de relations humaines, une histoire d'amour et de mélancolie. L'histoire de notre vie à tous quoi.

Synopsis

« New York, les années 1970. Une ville qui est encore le centre du monde, mais qui commence à douter d’elle-même. La guerre du Vietnam s’enlise, et si l’engouement pour le rock’n roll ne se dément pas, il vient maintenant d’Angleterre, où l’ombre des Beatles plane encore sur le monde de la musique. Sean est musicien. Pour le plaisir de faire de la musique, pour cette merveilleuse camaraderie de la scène, pour l’amour de cette vie d’errance entre Montréal, sa ville natale, et les innombrables bleds où il doit jouer. Quand il revient à New York, il vit chez son ami Ralf, qui a un appartement à Brooklyn et un chien qui s’appelle Lennon. Les seules attaches qui donnent à Sean le sentiment d’être chez lui quelque part. Pendant que Sean est en tournée, Ralf fait la connaissance d’Héloïse. C’est le bonheur, tout de suite, un voyage en Bretagne, des soupers où se conjuguent amour et amitié. Et, tout à coup, le précaire équilibre ne tient plus. Dans ce second roman, Stéfani Meunier se révèle plus que jamais une magicienne des atmosphères. En quelques traits aussi sûrs que retenus, elle sait donner un relief extraordinaire au quotidien de ses personnages. Un regard capté en passant, quelques accords de musique, les paroles d’une chanson aimée qui nous montent aux lèvres, et voilà que notre coeur chavire en même temps que celui des personnages. »

Citations


"C'était une vieille balle de tennis couverte de bave séchée, de poils et de poussière, qui était invariablement sous le sofa, et que cette pauvre bête n'était pas capable d'atteindre, malgré le superbe museau dont la nature l'avait pourvu dans le but, justement, d'aller chercher les balles sous le sofa."

"Dieu que c'était beau, la jeunesse. C'est dommage qu'on ait réussi à l'éliminer pendant les années qui ont suivis"

"Peut-être que si je m'étais assise cinq minutes pour prendre le temps de réfléchir un peu, je n'en étais pas certaine, mais je crois que j'aurais eu de la peine. Peut-être. Mais je ne me suis pas assise."

"Ma mère ne m'envoyait jamais dans ma chambre. Pour me punir, elle m'envoyait jouer dehors."

"[...] j'étais avec Héloïse depuis quelques semaines et je m'étonnais chaque jour de voir que c'était moi qui avais obtenu le rôle de l'homme le plus heureux du monde."

"Elle m'a eu à l'usure, ça c'est certain. Pendant les semaines qui ont suivi, je ne pouvais rien faire sans tomber sur une publicité. J'ai trouvé le Mexique dans le réfrigérateur, Cuba dans une casserole, l'Afrique collée sur le miroir de la salle de bains, l'Irlande pliée dans une paire de bas. [...] C'est la France qui m'a fait craquer. [...] Elle avait des bouts de dépliants collés partout sur le corps. Le mot France, découpé, en lettres rouges, juste au dessus du pubis. Et, en bleu, BRE sur le sein droit et TAGNE sur le sein gauche. J'ai posé ma tête entre la Bretagne et j'ai soupiré. «Va pour la Bretagne.» Elle est montée sur le lit et elle a sauté comme une folle, comme une petite fille, en riant, «On part en voyage, on part en voyage», des photos de mer et de rochers et de bateaux tombaient en tournoyant au-dessus du lit."

"Nous ne pourrions plus écouter Ralf nous préparer à souper en essayant de lire les odeurs qui venaient jusqu'à nous. Ragoût, paella, crevettes au pernod, pot-au-feu, pain, poulet, poires au vin. C'était fini. C'est là que la douleur a fait de moi sa résidence permanente."

"Que même les liens les plus forts pouvaient se distendre si on ne les resserrait pas régulièrement."

"Je suis devenu une roche. [...] Ça ne s'est pas fait comme ça. Ça demande de l'entraînement, être une roche. Ça a pris des mois. De  pleurs, de rage, d'actions inutiles pour ne pas penser. Puis de repos. De contemplation. Des mois. Je n'avais plus aucun contact avec le reste de l'humanité et je n'avais pas l'intention d'en avoir avant un bon moment, moment que je ne prévoyais pas, que je n'anticipais pas non plus et que j'aurais été bien en peine de dater, même approximativement."

"Il n'y a rien de pire que la solitude à deux, je crois bien, puisque l'absence du regard de l'autre est toujours là pour vous le rappeler. Vous êtes seul."

"Parfois je me dit que j'aimerais bien tomber sur Bob, le patron du Cactus Club, et lui dire que son île n'était pas pire qu'une autre, pas pire que n'importe quel lieu, en fait. Que ce n'était pas parce que j'en étais parti et que je n'y étais pas retourné que j'avais accompli quelque chose de mieux, de plus que ses clients. [...] Je crois même que j'ai fait bien pire. Parce que je me suis arrangé pour ne rien avoir à oublier. Et, toute ma vie, j'ai traîné mon île avec moi."

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.

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publié dans : Écriture
Jeudi 21 février 2008
« Je suis le signe et je suis la demeure. » La Demeure d'êtres vivants, du moins le disent-ils. Ils ne font pas attention à mes murs. Ils les tachent de peinture couleur or noir, ils les martèlent, les évident, les brûlent. Pourtant, autrefois, ils m’aimaient. Ils m’idolâtraient même : j’étais le sanctuaire de leurs arts, leurs relations, leurs idées. De tout cela maintenant, il ne reste plus qu’un défoulement atroce contre moi, une envie malsaine de m’oublier, de faire comme si leurs pieds n’étaient pas posés sur ma hanche. Ma robe verte d’hier m’a été volé et je ne puis plus que porté ce nouvel anorak beige qui ne ma va pas du tout. Ils m’ont violé. J’étais le signe de leur existence, la cause de leurs épopées. Ils m’ont violé. Je me sens changée. Ma porte grince, mon toit coule, mon estomac gronde. Ça gronde, très fort, l’orage, l’ouragan, le tsunami et les tremblements. Je tremble. Mes fondations s’effritent et mes occupants n’en sont pas alertés. Qu’est-ce qui m’arrive? Qu’est-ce qui LEUR arrive?

Je suis la Terre, leur demeure à tous, la seule et pourtant…  ils me violent jour après jour et, en réponse à leur acharnement à m’oublier et me faire oublier, je m’effondre d’un cancer dont ils se foutent éperdument. Je suis la Terre, votre mère. Quelqu’un m’entend?

Ce texte provient d'un exercice de 5 minutes fait en cours de Littérature Québécoise : écrire une histoire à partir d'une phrase. Cette phrase appartient à Gatien Lapointe. 
L'image représentant le texte est une peinture de
Anne-Marie Zylberman.

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publié dans : Coups de gueule
Dimanche 17 février 2008
Depuis peu, je n'utilise plus de sacs de plastique. Je les refuse lorsqu'ils me sont offerts, je les boude. Un sac peut prendre jusqu'à 400 ans pour se dégrader. Seulement au Québec, 2 milliards de sacs sont distribués chaque année. Des résidus qui ne sont pas recyclés partout et qui, lorsqu'ils le sont, ne préoccupent pas assez les gens pour qu'ils fassent l'effort de les mettre en boule au recyclage. D'une manière ou d'une autre, à quoi bon recycler ces sacs si on peut carrément les éliminer.

Cette semaine, le magasin Maxi et Cie de Sherbrooke a banni les sacs de plastique de son commerce. Puisqu’il s’agit d’un test pilote, l’entreprise le fera probablement dans toutes ses  succursales d'ici quelques années. Certaines villes ont fait de même, dont le célèbre village Huntingdon. Malheureusement, bien que le projet ait déjà été étudié à la ville de Sherbrooke, celle-ci a préféré se laver les mains et « a plutôt décidé d'inciter le gouvernement du Québec à imposer une écotaxe sur chaque sac de plastique distribué à travers le Québec. ». (Extrait d'une réponse de Mathieu Fournier à l'un de mes courriel)  En d’autres mots, ils ont pris la décision d’attendre encore un fois que le gouvernement agisse. Le gouvernement et les citoyens car, selon le maire de Sherbrooke, « c'est la population qui donne un signe aux entreprises pour dire, écoutez on n'en veut pas de sacs, on va transporter notre propre sac. C'est plus fort […] que de faire une obligation pure et nette ».  (Maxi & Cie bannit les sacs de plastique, http://www.radio -canada.ca) Allez savoir d’où vient la logique saugrenue de cette dernière affirmation.

En tant qu'individu, nous pouvons agir concrètement. Ce qui est extraordinaire, c'est que cesser d'utiliser les sacs de plastique est une chose plus que facile à faire. Car finalement, si on y regarde de plus près, rares sont les moments où on est vraiment obligé d'en utiliser un. Vous achetez un livre, un chip, des bas... n'importe quel petit article qui se transporte facilement dans les mains, allez-vous demander un sac? Et oui, vous le faites probablement. Pourtant, c'est loin d'être nécessaire. Vous allez à l'épicerie et vous pensez que "non, ce n'est pas possible, pour faire l'épicerie, il faut des sacs de plastique". Plus maintenant, c'est si simple avec les sacs réutilisables, même les épiceries en offrent! Et c'est la même chose pour n'importe quelle emplette : vous pouvez amener votre propre sac réutilisable.

Pour ma part, si je peux, je transporte ce que j'achète dans mes mains ou dans mon sac à dos. Sinon, depuis quelques jours, j'ai mon propre sac réutilisable. Mon père me l'a fait et il est si léger qu'il entre dans ma poche de derrière, sans pourtant être minuscule. Résultat, je l'ai toujours en cas de besoin. Si tout va bien, je n'utiliserai plus jamais de sac de plastique. J'ai aussi convaincu mon père d'acheter des sacs de tissu pour l'épicerie.

Arrêter d'utiliser les sacs de plastique est un tout petit geste environnemental parmi tant d'autres, mais il est si facile à poser que vous seriez égoïste de rester collés à vos vieilles habitudes.

Faites donc ce choix, optez pour un avenir plus vert!

Je vous invite aussi à signer cette pétition qui demande au gouvernement du Québec d’imposer une taxe sur les sacs de plastique : Pétition. Loin d’être une interdiction complète, c'est mieux que rien du tout.

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publié dans : Coups de gueule
Jeudi 14 février 2008
Ça y est, la folie des mémos verts est de retour. Les étudiants du Cégep de Sherbrooke savent très bien de quoi je parle : le Cégep, comme à chaque début de session, s'est empressé de nous inonder (littéralement) de leurs "Rappels d'annulation de cours". Une demi-page verte imprimée recto-verso sur chaque pupitre de tous les locaux. Ça fait quoi... minimum 6000 feuilles gaspillées? Franchement, on en entend déjà parler de tous bords tous côtés : il y a une note sur le portail internet du Cégep (Omnivox) que tout le monde consulte, les professeurs nous en parlent 2 semaines à l'avance et il y a des affiches aux entrées de chaque pavillon. C'est déjà difficile à manquer, ce n'est pas la grande mer verdâtre de papier qu'ils nous ont  construite qui va changer quelque chose. Ils disent "voir la vie en vert" (slogan de leur soi-disant lutte pour l'environnement), mais, pour l'instant, tout ce qu'il y a de vert ce sont leurs satanés mémos.

La session passée, j'avais fait une plainte officielle. Puisque cela ne semble rien avoir changé, voici ce que je propose aujourd'hui :

Plan d'action pour faire cesser "la folie des mémos verts"
Amassez une trentaine de ces stupides rappels et faites s'en une pile à l'aide d'un trombone. Ajoutez-y une courte note du genre  "Merci de ne plus gaspiller de papier" et faites signer cette note par une dizaine (ou plus) d'autres étudiants du Cégep. Allez porter ce paquet au secrétariat du pavillon 5 en leur disant de bien vouloir donner votre cadeau à qui de droit. Avec un peu de chance, après quelques réceptions du genre, une cloche sonnera dans la tête des responsables.

Cette après-midi, je suis allé déposer le premier paquet. Malgré son air de "Qu'est-ce que c'est que ça?", la secrétaire en place l'a accepté.

Je vous invite donc tous et toutes à participer à cette action. 

Merci à tous ceux qui le feront.
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Dimanche 10 février 2008
Livre québécois
Auteure
: Lise Tremblay
Note : 7.9/10
Parution : 2007
Nombre de pages : 169 pages

Commentaire 

La soeur de Judith ce n'est pas l'histoire de Claire, la soeur de Judith, et ce n'est pas non plus celle de Judith. C'est simplement l'été un peu « plate » d'une jeune fille qui termine son primaire pour entrer à la polyvalente. Plate selon ses propres mots. Car ce qu'on découvre dans ce livre de Lise Tremblay, ce sont les pensées de cette fille dont on ne connaitra jamais le nom. Judith est sa meilleure amie et la soeur de celle-ci, leur idole : si elle remporte la finale d'un concours de danse, elle dansera au spectacle d'adieu de Bruce et les Sultans.

L'intérêt de ce roman, ce n'est pas l'histoire, si du moins il y en a une. Aucun suspense, aucuns points marquants dans l'été de la jeune narratrice. Ce sont les mots choisis, le style et l'écriture, les tournures de phrases. L'auteure a su proportionner à perfection ces ingrédients afin d'offrir à ses lecteurs un personnage hors du commun, presque vivant, palpable : une jeune fille presque réelle. Un personnage crédible et intense qui surpasse son univers ennuyeux.

La soeur de Judith ne va probablement pas vous obséder au point de ne penser qu'à ouvrir le bouquin et à le dévorer. Il ne va surement pas non plus vous ennuyer à mourir. C'est un roman léger et bien que vous n'aurez peut-être pas hâte de connaitre la suite de son histoire, lire ce que la narratrice a à vous raconter vous enveloppera dans un cocon de ouate pour quelques courts instants que vous saurez apprécier et où vous vous sentirez bien.

Synopsis

« Chicoutimi-Nord, les années 70. L’été sera long. Il y a bien Judith, la meilleure amie. Il y a aussi Claire, la sœur de Judith, la plus belle fille de la ville. Mais il y a surtout cette mère qui « explose » tout le temps, qui ne laissera pas sa fille épouser le premier venu et qui est prête à tout pour que ses enfants ne soient pas des ignorants. Dans ce cinquième livre, Lise Tremblay brosse un tableau du Québec rural des années d’après la Révolution tranquille, un Québec en pleine effervescence, où de nouvelles valeurs font leur chemin mais où la tradition s’accroche encore. Fine observatrice de l’humain, l’auteur de La Héronnière nous fait revivre ses années par le regard d’une fillette qui sera une adolescente avant la fin de l’été. »

Citations


"Le sucre à la crème, c'est la seule chose que ma mère rate en cuisine. Pourtant, à chaque semaine, un peu avant qu'elle se mette à brasser, elle croit toujours que ça y est, qu'elle a réussi, que le sucre n'a pas la même texture que d'habitude. Elle en est toujours certaine, jusqu'à ce qu'elle tourne la cuillère de bois pendant de longues minutes et que, exténuée, elle laisse figer le sucre chaud au fond de la casserole."

"La directrice me fait savoir qu'une possédée du démon dans mon genre n'a pas le droit d'implorer la Vierge. "

"Je me suis couchée sur le ventre pour jouer aux feux d'artifice. Je pèse sur mes yeux très fort et je vois toutes sortes de points qui explosent. Des fois ça m'endort."

"Je suis allée me coucher et j'ai serré fort mes médailles. J'ai encore demandé que ma mère arrête d'exploser. Peut-être que j'allais être exaucée. "

"Lisette utilise beaucoup de mots que je ne connais pas, ma mère dit que c'est parce qu'elle lit beaucoup et qu'après l'école normale elle est allée à l'université pendant un an.  "

"Je suis allée me cacher au coin de la maison des Lemay et j'ai vu Claire et Gilles en train de s'embrasser. À un moment donné, elle s'est assise sur lui et ils sont restés là longtemps. "

"Mais c'est plus fort que moi, même si elle n'explose pas, on dirait que je l'entends quand même, comme un disque qui partirait tout seul."

"Une fois dans la voiture, elle m'a demandé ce que je voulais faire plus tard. Je ne savais pas quoi répondre. Tout ce que je savais, c'est que je devais faire des études, sinon ma mère me tuerait."

Note : Ce livre est nominé au Prix littéraire des collégiens 2008. Bien que je sois jury de ce prix, cet article ne réflète en rien l'opinion des autres jurys. Je n'écris pas en tant que jury, mais bien en tant que lecteur. Mon choix final restera secret jusqu'au dévoilement du gagnant.

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